" Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche..."

dimanche 24 janvier 2010

Haputale











Haputale, 1600 metres d'altitude, est situee sur une crete. Horizon pourtant ramene au bout de son nez. Un brouillard constant semblable a des embruns, ventiles par les differents courants d'air. Ce sont donc des nuages de brouillard qui nous accueillent.
Nous conjurons la grisaille au matin. Et surtout le froid.

04h30. Le reveil sonne sur une journee prometteuse. Etrangement bien reveillees, nous avons pris l'habitude de nous lever en meme temps que le soleil.
Nous attendons impatiemment la venue du vehicule pour devancer le lever du jour.
Jouer avec le temps. Mettre toutes les chances de notre cote pour profiter du parc national de Horton Plains, avant qu'il ne soit litteralement submerge de brouillard. Plateau a 2000 metres d'altitude, melange de forets, de prairies, de tourbes...
Quelques kilometres de lacets nous en separent.
Paysage nimbe de mystere encore plonge dans l'obscurite.
La lumiere poind.
Nous approchons du but.
Nous devinons alors de majestueuses montagnes, pics de douceur.
La, miracle de la chance, cieux clements qui nous saluent.
Arret sur image. Une mer de nuages moutonnant a l'infini.
Sous nos pieds, une valle vertigineuse. Sous nos yeux, le dessin des collines qui se precise en osmose avec une vegetation superbe.
Les rayons du soleil chatouillent les cheveux des nuages.
Degrade de lumieres de seconde en seconde. Rose, pourpre, violet, rouge.
Ode a la beaute, refletee dans nos yeux ebahis.
La vegetation jusqu'alors sombre et immobile s'embrase et danse sous les feux de la rampe. Ravissement du jour qui se leve...par 0 degre!
Moment religieux.

Puis, nous accedons a l'entree du parc.
Premiers pas febriles dans cette nature inconnue. Ca craque sous nos pas, gelee partout alentour.
Sambars dans les lueurs de cette aurore magique.
Dans le ventre de la foret, l'ambiance est froide et humide. Ecosysteme complexe et impenetrable.
Nous parcourons avec ravissement les montees et descentes des cretes a suivre.
Sentier etroit au milieu de nulle part. D'ailleurs, nous y voila, nulle part, le bout du monde. Precipice a gauche comme a droite, 1000 metres de chute, vue fantasmagorique sur une vallee verdoyante sur une vallee verdoyante, tout la-bas en bas.
On touche des doigts ces sommets qui nous paraissaient si loin. Raies de lumieres filtrees par les cimes des montagnes.
Un moment de grace sur le toit du monde.

Cheminement vers d'autres decors.
Paysage de plaines. Des rododhendrons, dolmens de solitude au milieu d'herbes seches.
A present, il fait tres chaud.
Douceur des yeux, rivieres gouleyantes, cascades vivantes.
La vie aureolee de silence.
Nous sommes seules dans ce paradis.

11h00. Trajet du retour sous la lumiere du jour.
Maraichers et jardins en espaliers.
Des carottes, des haricots, du riz. Comme un eden irrigue d'eau des dieux.
Jeux des lignes et des courbes raffine.
Enchantement.
Cerise sur le gateau, des singes-ours a quelques metres de nous. Patauds a la barbiche grise, sautant lourdement d'arbre en arbre.
Une journee sous le signe du bonheur.

5 commentaires:

Unknown a dit…

Vous avez réalisé de superbes photos.Cela fait rêver...Bravo pour les derniers récits:celui-ci est magnifique .
Dans le précédent,la scène du bus était si bien décrite( et avec humour ) que j'avais moi-même l'impression d'être comprimée dans la foule...
Il ne faut pas être claustrophobe(comment Raphaele a t-elle vécu l'expérience? )
Continuez de prendre du bonheur dans ce voyage
Toutefois,en ce qui nous concerne,nous serons ravis de vous retrouver.
Bises à vous 2.

jul a dit…

J'aurai pas dis mieux !!! Et pourtant je m'y connais!

jul a dit…

J'aurai pas dis mieux !!! Et pourtant je m'y connais!

man a dit…

Même de mon ordinateur de bureau, la magie opère.
Si seulement internet pouvait importer les hommes.

Geo a dit…

Après cette lecture , je ne fais pas de commentaires , je préfère apprécier en silence ...
Je pense à vous , vous embrasse et vous remercie .

Geo