" Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche..."

lundi 28 janvier 2008

Un pas apres l autre

Le point de depart de cette grande marche a travers les montagnes du nord se situe au nord de Luang nam tha. Deconnection simultannee a la descente du bus: petit village a flanc de coteau, toit fait de feuilles, couleur jaune et terre, toujours.
Les gens ici dans le nord ont tous des facies differents, tantot herites des tibetains, comme les akhas, tantot chinois, tantot mongols...
Chaque pas que nous developpons sur cette terre est un pas vers un monde de chasseurs-cueilleurs, plus que jamais. Tout est visceralement lie a la terre, le rythme des saisons fait figure d horloge. Presentement, c est le moment de cueillir d enormes roseaux.
Sur les bords des routes, sechent ces plumeaux, partout. Les femmes et les enfants les fouettent ensuite longuement, pour en recueillir les graines, legumes vendus au marche.
Les legumes sont enormement ramasses en foret. Tout depend d elle.
Scene de chasseurs qui descendent la colline, juste le fusil sur l epaule et le rire aux levres.
Marcher dans la foret depuis deux jours et soudain rencontrer ces gens sortis de nulle part. Ou sommes-nous?
Les racines des plantes servent de decoction dans la medecine encore tres traditinnellement basee sur les plantes. Les fruits sont manges ou utilises dans la teinture des vetements. Cardamone bienfaitrice, alocacia qui previent de la malaria.Le bambou, roi de la foret, qui est usite dans la construction ainsi que comme recipient.
Ainsi, pas a pas nous recoltons ce dont nous aurons besoin au repas.
On se laisse submerger par la grandeur des herbacees, aussi hautes que nos arbres.
Puis, vient le campement niche dans le creux d une vallee, petit nid de bambou enveloppe de silence; nous sommes les hotes des khamus.
Le canard vivant en sac plastique se tansforme a bon coup de machette en laab, salade avec du canard tres emince.
Journees splendides.
Epique seconde nuit. Recues dans un camp akha, mais aussi par un rat, voire meme plusieurs. Toute la nuit, si loin, si proches, a deviner ses trajectoires, jusqu a sa visite dans notre plumard.... Dignite supreme de Raphaele dans un dortoir de 8 personnes. Autre surprise de la nuit qui fait d ailleurs fuir le rat: la pluie qui tombe sans discontinuer jusqu au matin.
Mysterieux reveil sur une nuit blanche. Brouillard fantome ondoyant entre les cimes, devenues nuages. Le feu qui crepite dans la cuisine, marmites noircies, le bois mouille fait figure de brouillard.
Preperant le p tit dej sous la pluie, les guides superbes, juste deux yeux et des dents.
La pluie nous accompagne pour toute cette journee.
Feuilles de bananiers en guise de protege sacs.
Le chant harmonieux et chaud des laotiens. Partout, tout le temps.
Repas de fete, alors meme que c est la misere, dans une hutte akha. Si petite, avec rien dedans, sol de bambou, 1 ou 2 recipients, 1 marmite.
Et la, a nouveau, ce sont des questions qui affluent.
Je pense que c est veritablement un des derniers pays au monde a etre aussi dependant de la nature, de maniere aussi globale.
Tres etrange contraste ces blancs venus voir cette autre planete.
Planete ou les seules etoiles connues sont des reperes aux hommes de la jungle.
Ou la masturbation intellectuelle n est ici que pensees rationnelles et intrinsequement vissees a la nature.
Qu est-ce qu on fout ici, a partager de nombreux verres de lao-lao, avec le chef du village et des dizaines de gosses si pauvres?


Merci de votre enthousiasme a nous lire.
Les mots commencent a affluer au bout de 2 mois passes ici. Jusque la, recit partage entre l abasourdissement et le manque de recul quant aux emotions tellement chamboulantes.
Il n y a pas plus de recul. Nous baignons dans cette civilisation teintee de croyances animistes et de coulante simplicite.
Les fleurs de nos peaux commencent a eclore de tant de beau.
Le don d akha.

Bises chaudes de nos gueules a vous tous. c est vraiment chouette ces dialogues en differe mais par ecrit.

vendredi 25 janvier 2008

Tranches de vie

La vie, long fleuve tranquille. Une journee entiere a serpenter au milieu des montagnes, sur le Mekong tantot brun, tantot vert, parfois jaune. La saison seche laisse apparaitre des berges sablonneuses qui deviennent alors ou jardinnet, ou aire de jeux ou champs de pature pour les nombreux troupeaux. Voyager ainsi de maniere fluviale coupe des realites du monde. Sentiment d autant plus fort que nous assistons a des scenes de vie tirees d un autre temps. En tout cas d une autre planete. Tableaux de Brueguel l ancien, hommes cameleons se fondant dans le paysage, tantot rochers, tantot arbres...
L espace temps est decoupe selon les taches du quotidien, immuable et rassurant.
Il y a les freles pirogues qui haranguent le fleuve, les chercheuses d or voutees sur leurs tamis. Il y a les moines qui viennent y faire leur toilette, leur robe orange faisant palir le soleil. Il y le flegme des vaches siestant sur un banc de sable; unique indice de presence humaine. Les coteaux proches du feuve sont effectivement tres tres peu habites: 200 kilometres au cours desquels on a pu apercevoir caches 2 ou 3 hameaux.
La, nous faisons escale a Pakbeng. Simple escale d une nuit pour tous les touristes. Nous decidons d y sejourner une journee, charmees par la langueur de ce bourg portuaire. De tres bons moments a regarder les gens vivre, les bateaux passer, le temps s ecouler...
De Pakbeng, nous poursuivons la remontee du Mekong jusqu a Huay Say. Le paysage est different, les montagnes se rapprochent, le fleuve se retrecit. Slalom entre les icebergs de pierre. La beaute demeure.

Est-ce cette traversee du Mekong pendant deux jours qui acheve de nous deconnecter?
Non. Nous sommes sur une autre planete.
Une planete ou la simplicite de vivre perdure, ou le naturel nous enveloppe comme un cocon de kapok, ou candeur ne rime pas avec ignorance, ou le muan, amusement, est une religion, malgre tout: les taches ardues et la pauvrete.
Nous sommes conquises, sourire accroche aux oreilles, par ce peuple multi-ethnique, chaleureux et sincere. La ou le capitalisme violent et stresse n a pas encore reussi a s insinuer.
Charmees par l activite trepidante des marches qui se deroule dans un calme olympien.
Les etals aux trois tomates et aux racines et plantes inconnues.
Subjuguees par ces mamans qui donnent le sein tout en essayant de concocter un sandwich pour etranger; pouvoir dormir n importe ou et n importe comment.
L art de commencer la journee en balayant devant chez soi, sans en avoir l air.
Il y a aussi ces silhouettes accroupies qui forment un cercle, au centre duquel tronent le pot de riz et les feuilles de bananier.
Les femmes qui s epouillent sur le pas de la porte aux heures chaudes.
Les gamins qui s ebahissent du moindre nouveau jeu decouvert, la morve au nez.
Il y a ces visages, tailles a la machette, enveloppes d un couvre-chef: sarong, tissu, serviette de bain.
Il y a aussi cette formidable patience tout le temps, particulierement dans les transports.
Le Laos, plus qu une enfilade de paysages, c est peut etre cette unicite des gens.
Merveille du 21 emme siecle: le naturel, la purete. Grande Beaute.

Nous sommes arrivees ce midi dans un autre joyau du Laos: Luang Nam Tha. La province habitee par le plus grand nombre d ethnies differentes. Ici, on va reapprendre les couleurs: thai noir, thai blanc, akkha, hmong, liu.....
Demain, nous partons pour trois jours de decouverte de la zone protegee du meme nom, a camper dans la foret, a ramasser des plantes medicinales, a rencontrer les tribus environnantes et a marcher pas mal. A priori 6 a 7 heures, chacun de nos pas contribue de plus a l economie locale, tant de la foret tant des gens. Si envie d infos, voir green-discoverylaos.com ainsi que www.trek-for-the-people.com

Plein de pensees a vous.
Heureuse que le temps soit clement, parce que meme a 18 je mets la laine, deja trop habituee.... Ca promet.
Apartee a Michele: Raphaele reussit dorenavant a faire pipi n importe ou, a sa voir en pleine rue c est meme possible.... Incroyable. Il faut dire que les arrets pipi sont une envolee de moineaux, tres rapides et on repart avant que le bus ne refroidisse.... Vous rigolez peut-etre, mais 8 heures sans pipi c est dur, surtout dans un bus qui remue....

Elrik, bien le bonjour. Et a tous les fideles, notamment Labiche, sale gosse et geo, que nous sommes contentes de retrouver, des enormes bisous.

On ne vous cache pas que l on a pas trop envie de rentrer.....
A plus tard, si on ne se perd pas dans la foret...

dimanche 20 janvier 2008

Luang Prabang

Quittant presque a regret cette bulle "communautaire" de Vang Vieng, nous avons hier endure les montagnes russes du Laos jusque Luang Prabang. Depart fete comme il se doit. Nous fumes invitees a une fete laotienne, debutany par une salve de discours pour finalement deriver au milieu de nombreuses bouteilles de biere, de lao-lao, de lao-hi (alcool de riz entre autre dans une enorme jarre bu avec une paille de bambou...) Danse traditionnelle, au rythme laotien toujours. Puis re-biere. Vraiment des moments exceptionnels, les laotiens sont vraiment tres chaleureux et hospitaliers alors meme qu ils n ont rien. La fete leur coute l equivalent de 2 ans de salaires, nous n avons rien debourser, trop heureux que l on participe a leur festivite. Un peu genees, mais ennivrees de leur gentillesse et des conversations surrealistes franco-laotiennes...
Le trajet fut couteux en temps, 200 kilometres en 6 heures... Temps de trajet justifie, etant donne le relief impressionnant et un arret pour depanner un bus en panne devant nous. Moralite: 10 autres passagers sont alors montes dans notre vehicule, puisque ledit bus en question prenait quaisement feu. Noncalance toujours a essayer de remplir le reservoir de refroidissement grace au goutte a goutte lentement transvase dans une bouteille...
Cela dit, magnifique itineraire.

Nous deambulons dans les rues paisibles de cette petite ville aux nombreux temples. Luang Prabang fut capitale, en demeure une architecture assez unique, d autant que c est une des rares villes a ne pas avoir ete bombarde par megarde au cours de la gurre du Vietnam. Le Laos est effectivement le pays le plus bombarde au monde, fait meconnu, mais encore palapable aujourd hui. 500 kilos de bombes par enfant, femme et homme.... Voir articles sur la guerre secrete de la cia, pour ceux que ca interrsse; ainsi qu un reportage poignant sur les hmongs (envoye special, dispo notamment sur le net) Cette tribu, reputee plus belliqueuse, fut enrolee par lea americains au cours de la guerre du Vietnam.

Nous nous plaisons a flaner au milieu de ces vestiges coloniaux, a admirer la torpeur qui ceint les berges du Mekong et de la Nam Kham, a surprendre un des quelques 200 moines qui vivent ici...
Ville classee au patrimoine mondial de l Unesco, elle en recolte les fruits positifs au niveau economique et d autres fruits plus tentateurs d un tourisme de masse pour une ville de 25000 habitants... C est d ailleurs l endroit le plus cher du Laos.
D ailleurs, nous en partons demain.
Les fusils sont faits pour etre change d epaule. Plutot que rejoindre tres difficilement Phongsali, a la frontiere chinoise, nous decidons de realiser un reve.
Nous rejoignons Huay Suai, a la frontiere ouest Thailande Birmanie. Et ce en bateau lent, pour une coulee sur le Mekong de 2 jours, a priori dans un de ses plus beaux bras...

Chaleureuses pensees au clavier fou, au pc qui marche pas et a tous les travailleurs fous.
Jp et Gi, plus que 3 semaines pour que la memere soit belle en maillot... C est Manu qu a balance.
Michman, vous nous manquez, meme si vous boudez, bande de jaloux....
A tous qui ne laissent rien sur le blog, par timidite, bizzzz.
A plus tard.

mercredi 16 janvier 2008

fini les vacances

Nous voila arrivees a Vang Vieng depuis 5 jours maintenant. Et puisque les programmes sont faits pour etre deprogrammes, nous avons opte pour nous poser un peu dans ce cadre idyllique. Phudidaeng, a 4 kilometres de la ville, est effectivement cernee de montagnes toujours autant karstiques, bordee par la Nam Hu, superbe riviere aux eaux claires.
L endroit dams lequel nous squattons est une ferme ou les touristes peuvent notamment filer un coup de main. Conquises par l ambiance et le concept de travailler pendant les vacances, nous organisons donc nos journees a notre guise. Les taches varient: travail dans les jardins, nourrir et nettoyer et traire les chevres. Nous avons egalement passe une matinee a recolter les fruits de l hibiscus, qui est rouge ici. Puis une autre matinee a trier les bogues des graines, utilisees dans la confection du the. Delicieux. Moult chantiers s organisent au milieu des autochtones, ce qui est tres enrichissant: on apprend meme le lao.
Exemple: bonjour > sabaaidi
comment allez-vous: sabaaidi baw?
je vais bien: sabaaidi.
aurevoir: sabaaidi.

Pas facile, certes, mais en s y mettant un peu tous les jours, bien concentrees...

Serieusement, on apprend pas mal de trucs lies a l agriculture et aux plantes et arbres. Et le lao aussi.

Et puis, c est bon de participer discretement a de tels projets qui permettent au finish a la population locale de vivre decemment et aux gamins de recevoir une education...

Moralite, nous restons ici jusque dimanche. Petit eden.
De la, nous irons a Luang Prabang.

A noter, ce dont nous parlons peu tellement nous sommes sous le charme, que les laotiens sont foncierement des gens souriants, honnetes, nonchalants. En toute spontaneite, sans arriere-pensee de profit du touriste.
Cela dit, on les fait bien rire avec nos tetes et nos gros sacs.
Le pire fut le jour ou on s est ballade en tandem en campagne... Nous n avions jamais fait autant sensation de notre vie. Du delire.

D autre part, leur facon d aborder le tourisme est unique. Beaucoup d ecotourisme. Et des "interdictions" : pas le droit de donner quoi que ce soit aux enfants pour ne pas les inciter futurement a la mendicite. Il n y a d ailleurs aucune mendicite>
Les photos sont vues d un mauvais oeil. Pensees au Manu qui eut ete frustre du cul.

Nous sommes tres a l aise dans ce pays aux sourires tapageurs.
A bientot tous et prenez soin de vous.
Bises.

vendredi 11 janvier 2008

Vientiane

La nonchalance perdure, bien que dans la capitale. Effectivement, peu de capitales peuvent se targuer d etre aussi paisibles. Les hommes d affaire n ont meme pas l air affaires, la circulation fluide, et bien moins de bruits que dans certains villages, car pas de coqs, mais des poules de luxe.
Nous sommes donc arrivees hier, avec une desormais habituelle moyenne de 40 kilometres/heure. Soient 8 heures pour rallier Vientiane depuis Thakhaek, avec des arrets dans tous les villages et des voyageurs fort sympathiques, des animaux aux humains....
200 000 habitants dans cette ville.
6 millions d habitants pour le Laos, une densite de 20 habitants au kilometre carre.

Ca fait vraiment bizzarre d etre plongee a nouveau dans le modernisme. Sauts dans le temps dans un sens comme dans l autre. Mais l ambiance reste la meme: petits metiers et echoppes archaiques malgre la presence de palaces, mercedes...

Nous allons probablement silloner les environs deux ou trois jours, avant la grande remontee vers le nord.

Pour les provinces du sud que nous avons cottoyees: 1700 kilometres parcourus dont 1100 en deux roues....
La decouverte du nord s annonce encore plus lente au niveau des temps de trajet et epique quant a l etat des routes.
Nous profitons donc de la capitale pour nous retaper et s offrir le luxe de pouvoir changer la base des aliments. Saveur d un yaourt, regal de fromages en prevision, ravissement...

Merci Jul et courage pour l appart et le sourire carnassier des francais...

Bon anniversaire Isa. Bises

Doudou, nous te souhaitons que des bonnes choses a vivre pour tous ces temps a venir.

Jp et Gigi, nous vous savons dorenavant fervents lecteurs de nos frasques et pensons fort a vous, vous imaginant tous deux lire avec application nos mots a la memere, gentiment installes au salon, avec le petit carre de chocolat qui va bien... Oui, oui vous rigolez. Et nous aussi. Elle doit quand meme etre sacrement grosse...

Salutations aux Echeroumontains que l on espere ne pas trop ressembler a des glacons sur pattes.

Ravie, Labiche que tu aies passe de bons moments pendant ces vacances. Nous t embrassons.

Salut a tous. Les filles.

Michman, still alive?

mardi 8 janvier 2008

Khammouan et Bolikhamsai

Ces deux provinces sont la plus fine bande terre prise entre la Thailande et le Vietnam; tres peu peuplees, elles offrent ainsi 5 des forets les plus etendues du Laos. Parties de Thakhaek, nous decidons de renouveller une decouverte par nous memes de ces regions, en scooter 110 cc, vu que ca nous avait plu.
Nous vecumes deux premieres journeees assez infernales. Il faut dire a notre decharge que l itineraire convenu passait pile poil dans une immense zone de chantier. Quand on dit chantier: la construction d un barrage sur 50 kilometres. Ces kilometres que l on met des heures a parcourir, avec une moyenne de 15 kilometre/heure.... Pour le decor, bulldozers qui grignotent tout, camions incessants, forets decimees. Et quelle route: malmenees, sursautant sur des cailloux , glissant sur des pistes sablonneuses, tressautant sur des monticules de terre.... Poussant aussi notre monture ailee dans des cotes abruptes, sommes nous sur la bonne route? Un chantier de fous. 50 kilometres durant, o se demande vraiment ce qu on fout la; les ouvriers aussi d ailleurs. Manu, tes chantiers Caterpillar, c est du pipi de chat.
Heureusement, Raphaele, co-pilote de choc, garde le cap et nous avons un super engin qui semble pouvoir nous trimbaler partout.
Moralite: 140 bornes en 10 heures, sur deux jours. Entrecoupe d un arret pour la nuit dans un bled incroyablement perdu, Nakai. Epique, une guest house, une seule rue, et beaucoup de regards, mi figue mi raisin, poses sur nous... Apero partage avec une jeune femme, a qui nous "parlons" en laotien, et qui nous dit ne pas comprendre, vu qu elle est vietnamienne. Chambre sommaire, douche inexistante.

Mais, il y eut le pain blanc.
De Lak Sao, nous partons. Effectivement, c est l hiver, brouillard a couper a la machette. Froid vif, nous enfilons pour la premiere fois nos vestes, alleluia, et des chaussettes gants...
Que de bonheur sur cette route numero 13, le brouillard laissant deviner tout d abord les cretes dechiquetees des massifs alentour. Soudain, apparition: partout autour de nous, merveilles e montagnes ciselees, monts arrondis, succession de chaines. De basse altitude, elles sont pourtant inaccessibles offrant des pents abruptes, juste habitees par quelques sagoutiers, irreductible nature.
Karst noir, falaise blanche, melangee au jaune de quelques orpailleurs, ici et la dans les plaines...
De toute beaute...

Puis, il y eut le nectar supreme presse longuement par dame nature. La grotte de Konglor. Quete finale de notre itineraire, aidees d un pietre plan, aidees d aucune indication sur la route, pas aidees non plus par notre parler lao. Nous empruntames un mini sentier, en pleine jungle. 15 kilometres de tohu bohu, passage a gue, derapage controle, croisement d autochtones hallucines. Vaille que vaille nous voulions voir cette grotte.
C est quand Raphaele me dit que "ca sentait la bete", que nous emimes le doute que le chemin n etait peut etre pas le bon.
Demi-tour, pour decouvrir finalement une route nouvellement rehabilitee, parfaitement asphaltee, jusqu a ladite grotte.
Recompense ultime que de savourer ce joyau du Bolikhamsai.

Petite pirogue a moteur au milieu d eaux turquoises. Nous nous engouffons alors dans le ventre de la terre, accompagnees de deux nyctalopes aux frontales gadget.
Nuit profonde, aucune infrastructure liee au tourisme.
Nous restons sans voix les premiers metres, impressionnees.
Gigantesque cavite atteignant parfois 100 metres de haut et autant de large; parfois moins, beaucoup moins. Nous naviguons en eaux troubles, perte de tout repere spatio-temporel. Qund le niveau de l eau se fait trop bas, nous descendons sur les berges et divaguons, comme saoules. Il fait vraiment nuit, ne nous laissez pas la les gars...
La bouche de lumiere apparait soudain, debarquant sur une autre planete, nappee de couleur jade, entouree de pics abrupts et d une lumiere superbe.
Ivres, nous peinons a remonter sur notre embarcation pour le retour dans les profondeurs.
Salle digne d un royaume, sculptures de stalactites et mites surpassant la folie du Facteur Cheval, nous avons passe pres de trois heures dans les meandres....
Magnifique.

De retour aujourd hui a Thakhaek, nous inventons la myxomotose, le double coccyx et le doublement du nombre de verterbres, brisees. 500 kilometres. 4 jours.

Occtroi d une pause meritee demain encore ici.
Puis, Vientiane, ou nous comptons rester quelques jours...


Enchantee Myri de vous voir apparaitre sur le blog. Bien des choses egalement pour 2008.

Ici, on a toujours une longueur d avance sur vous: nous sommes en 2550.

A tous, bonne suite.
Jul, t es q un jaloux. Demain est passe maintenant, si tu pouvais me dire pour les photos, avant notre retour...

A bientot de savoir ce que vous vivez vous, Dites voir un peu.

Pensees.
Tout va bien pour la sante aussi, les cacas sont regles, la bouffe est riz-oeufs-riz-oeufs-omelette. Impeccable. Rien a signaler.
Bises les voyageurs fous.

mardi 1 janvier 2008

Le Laos

Quelques 5 heures de bus parfaitemenet local, entendez par la decrepi, bonde, et nous voila a Savannakhet 200 kilometres plus au nord. Deuxieme ville du Laos, 120000 habitants. Comme toutes les villes rencontrees jusqu ici, les rues principales offrent quelques echoppes de nouilles, magasins en tous genres et surtout une architecture hesitant entre les cites communistes et des debris de maisons en bois, bambou. Le Mekong est toujours notre fil conducteur et en l occurence la frontiere avec la Thailande de l autre cote de la berge. Curieux contraste, une fois la nuit tombee, de voir en face les lumieres de la ville briller de mille feux, surtout le soir du 31 decembre... Cote Laos, seuls quelques neons eclairent a peine les stands ambulants parsemes le long des quais.
On sent ici l empreinte de l occident, si loin si proche, avec sa musique pop et la mode.
A contrario, les villages que nous avons pu traverser durant notre viree en moto restent encore tres recules, de tout. Les maisons sur pilotis offrent de l ombre aux siesteurs des heures chaudes et des aires de jeux aux gamins. La pauvrete est effarante. Conditions d hygiene deplorable, pas d eau courante, notamment. Le sud du Laos vit principalement du cafe, du rotin et de la cardamone, ou plutot survit.
Le long des routes, des ventes de fruits, menues recoltes, un sac de charbonnette, deux ou tois bouts de canne a sucre, un paquet de racines blanches hydratantes et brochettes en tous genres, oiseaux, poulets, chauve souris et probablement des trucs genre rats, chats....
Toujours le long de ces routes, nous croisons des gens de deux a 60 ans, portant sur leurs epaules des paniers en vue de la cueillette. Les Laotiens restent des chasseurs, cueilleurs, vraiment, toujours un fusil sur l epaule, toujours quelques fruits sur les arbres. De meme, la machette est un outil indispensable ici; marrant de voir des bouts de chou, a peine en age de marcher en France, qui tiennet le plus naturellement du monde leur arme de vie. Ils semblent etre comme des animaux dependants de leur habitat, la foret.
Laotien, espece en voie de disparition? Etant donne les degats causes par les nombreux barrages du Mekong, projets de 25 finances par les chinois, et la deforestation massive, illegale mais avec l aval du gouvernement. Les vietnamiens et les chinois offrent des routes en l echange de bois et d animaux; grace a ces routes,ils peuvent plus facilement aller chercher le bois et la faune riche du Laos, repoussant les populations. Cercle vicieux.

Plus de details trepidants a un autre moment, because le pc deconne...
A tous, plein de bonnes choses pour cette nouvelle journee.
Bises. Merci aux motoristos et au scalp bienaime.