Nous respirons a grandes enjambées ces dernières fragrances cinghalaise dans un tuk-tuk qui nous mène a l'aéroport...
Lundi 11h30 nous nous présentons au guichet d'enregistrement des bagages.
Moment involontaire d'adrénaline qui afflue au visage et dans les orteils...
Trouble de l'hotesse, information de notre part que nous avons bel et bien l'indispensable autorisation pour embarquer...
Etonnement, course vers sa collègue pour lui montrer ce premier exemplaire de ladite permission!
Victoire, nous franchissons l'immigration, les douanes, nous sommes dans l'antichambre du septième ciel!
14h30, envol, heureuses...
18h10, New Delhi. Immigration titillée par nos passeports assermentés, surprise! Attente 15 heures dans un hall, a défaut de pouvoir rentrer dans l'aéroport, trop tôt pour ça...
Ambiance diffuse de décalages, de décollages... Des gens de partout en transit pour partout!
Aguerries à l'attente, ces 15 heures passent comme un avion dans les airs...
09h50, cette terre d'asile indienne devient floue perdues dans les nuages... Soleil au beau fixe, survol à pleurer des chaînes de montagnes Pakistan...
Retombée de la nervosité des jours passés ou décalage qui s'opère, nous pas comprendre ce qui se passe.... Coma cotonneux.
15h30, Munich. Nuit exotique.
Aujourd'hui, 13h24 quai d'une gare retrouvailles avec la France.
Doudoune, gants, bonnet, écharpe. Sensation du permafrost sous les pieds.
Remontée dans notre village de gaulois, voir la neige, sentir le froid. Mais sans l'intégrer vraiment.
Décalage.
Heureuses de ce voyage au Sri Lanka.
mercredi 10 février 2010
dimanche 7 février 2010
ABCDaire
A : Ayubowan. Bonjour. Aurevoir. Longue vie.
B : Bavani.
C : Cricket. Se joue ici comme on joue au foot. Marques de colonisation en forme de battes et de balles.
D : Destin. Concept tres repandu, et en meme temps pris tres legerement, puisque rien n'est permanent et qu'en plus ils aspirent a plusieurs vies.
E : Epice. Tres epice. Le feu du piment melange a la douceur de la cannelle et de la cardamone, saveur de coriandre dans le jaune du curcuma et le vert des feuilles de curry.
F : Ficus religiosa. Arbre sacre des bouddhistes, au pied de chaque temple, entoure de drapeaux de prieres, d'encens, de bougies et d'offrandes.
G : Gare, de bus. Lieu de vie trepidant et populaire, un concert de klaxons, une ode a l'anarchie. Refuge de mendiants et de vendeurs en tout genre.
Gare, de trains. Un arret temporel, machineries du siecle passe, poinconneur des lilas et autres vestiges d'un temps revolu.
H : Hoppers. Crepes en demi-sphere, specifiquement salee, uniquement relevee.
I : Incroyable biodiversite. Un si petit territoire offrant la beaute statique de la savane, le territoire impenetrable de la jungle, l'aridite des plaines a perte de vue, l'humidite surprenante des forets tropicales. Habitats naturels et preserves qui permettent a des centaines d'especes d'animaux, pour la plupart endemiques, de coexister parfaitement. Crocodiles des marais, singes de tout poil, elephants sauvages, requins en tout genre, varans, iguanes, ecureuils, oiseaux de toutes les couleurs, chauve-souris d'un metre.... Tout ca magnifiant notre quotidien. Marco Polo decrivait le Sri Lanka comme un paradis sur terre; c'en est encore un...
J : Jaffna, inaccessible etoile...
K : Komode? Comment ca va?
L : Lassanai. Magnifique.
M : De la mer a la montagne, en quelques kilometres.
N : Non. N'existe pas ici. Sacro-sainte philosophie de ne pas perdre la face. Du coup, tout est possible et il n'y a jamais aucun probleme pour quoi que ce soit.
O : Oui. Notre non a nous. A savoir, dodelinement de la tete de gauche a droite.
P : Pappadam. Chips de galettes de riz, frites dans l'huile de coco.
Q : Toujours a ne pas se gratter avec la main droite, reservee aux actions pures.
R : Rice and curry. A chaque repas, du riz en quantite enorme et des bols de legumes comme des offrandes aux papilles et aux pupilles. Le dahl, lentilles cuites a l'eau, puis revenues dans du lait de coco. Des haricots, des oignons, tous les legumes de la terre... Le pol sambol, noix de coco rapee avec piments. Raffinement en forme de lamelles extra fines. Saveurs inennarrables des epices et herbes aromatiques, le tout dose et releve a la perfection... Art culinaire qui se passe de couverts, seule la main droite permet d'apprecier pleinement les gouts. Les fourchettes sont une offense a leur cuisine et d'autre part rien de plus sale a leurs yeux que de manger avec les couverts des autres. Voila deux mois que nous mangeons donc a la sri lankaise...
S : Sri Pada. Montagne sacree devenue egalement mythique a nos yeux.
T : Tata. Marque de tous les bus ici. Avec ou sans siege, toujours a la corde, avec ou sans vitre, parfois neuf, souvent rouilles. Toujours un regal de vie, d'authenticite. Tata signifie aussi papa. Attention, tat va doubler!
U : Unique. Comme voyage unique.
V : Vagues. Mortelles du tsunami de 2004. 20 minutes d'enfer un 26 decembre a 09h00..
W : Where are you going ( ou allez-vous?) Phrase preferee des rabatteurs.
What to do? Phrase employee quand on a rien d'autre a faire.
X : x victimes de trente ans de guerre cinghalo-tamoule sur fond de sequelles de colonisation...
Y : Yalua. Amis, rencontres au hasard des chemins...
Z : Ze reviendrai.....
B : Bavani.
C : Cricket. Se joue ici comme on joue au foot. Marques de colonisation en forme de battes et de balles.
D : Destin. Concept tres repandu, et en meme temps pris tres legerement, puisque rien n'est permanent et qu'en plus ils aspirent a plusieurs vies.
E : Epice. Tres epice. Le feu du piment melange a la douceur de la cannelle et de la cardamone, saveur de coriandre dans le jaune du curcuma et le vert des feuilles de curry.
F : Ficus religiosa. Arbre sacre des bouddhistes, au pied de chaque temple, entoure de drapeaux de prieres, d'encens, de bougies et d'offrandes.
G : Gare, de bus. Lieu de vie trepidant et populaire, un concert de klaxons, une ode a l'anarchie. Refuge de mendiants et de vendeurs en tout genre.
Gare, de trains. Un arret temporel, machineries du siecle passe, poinconneur des lilas et autres vestiges d'un temps revolu.
H : Hoppers. Crepes en demi-sphere, specifiquement salee, uniquement relevee.
I : Incroyable biodiversite. Un si petit territoire offrant la beaute statique de la savane, le territoire impenetrable de la jungle, l'aridite des plaines a perte de vue, l'humidite surprenante des forets tropicales. Habitats naturels et preserves qui permettent a des centaines d'especes d'animaux, pour la plupart endemiques, de coexister parfaitement. Crocodiles des marais, singes de tout poil, elephants sauvages, requins en tout genre, varans, iguanes, ecureuils, oiseaux de toutes les couleurs, chauve-souris d'un metre.... Tout ca magnifiant notre quotidien. Marco Polo decrivait le Sri Lanka comme un paradis sur terre; c'en est encore un...
J : Jaffna, inaccessible etoile...
K : Komode? Comment ca va?
L : Lassanai. Magnifique.
M : De la mer a la montagne, en quelques kilometres.
N : Non. N'existe pas ici. Sacro-sainte philosophie de ne pas perdre la face. Du coup, tout est possible et il n'y a jamais aucun probleme pour quoi que ce soit.
O : Oui. Notre non a nous. A savoir, dodelinement de la tete de gauche a droite.
P : Pappadam. Chips de galettes de riz, frites dans l'huile de coco.
Q : Toujours a ne pas se gratter avec la main droite, reservee aux actions pures.
R : Rice and curry. A chaque repas, du riz en quantite enorme et des bols de legumes comme des offrandes aux papilles et aux pupilles. Le dahl, lentilles cuites a l'eau, puis revenues dans du lait de coco. Des haricots, des oignons, tous les legumes de la terre... Le pol sambol, noix de coco rapee avec piments. Raffinement en forme de lamelles extra fines. Saveurs inennarrables des epices et herbes aromatiques, le tout dose et releve a la perfection... Art culinaire qui se passe de couverts, seule la main droite permet d'apprecier pleinement les gouts. Les fourchettes sont une offense a leur cuisine et d'autre part rien de plus sale a leurs yeux que de manger avec les couverts des autres. Voila deux mois que nous mangeons donc a la sri lankaise...
S : Sri Pada. Montagne sacree devenue egalement mythique a nos yeux.
T : Tata. Marque de tous les bus ici. Avec ou sans siege, toujours a la corde, avec ou sans vitre, parfois neuf, souvent rouilles. Toujours un regal de vie, d'authenticite. Tata signifie aussi papa. Attention, tat va doubler!
U : Unique. Comme voyage unique.
V : Vagues. Mortelles du tsunami de 2004. 20 minutes d'enfer un 26 decembre a 09h00..
W : Where are you going ( ou allez-vous?) Phrase preferee des rabatteurs.
What to do? Phrase employee quand on a rien d'autre a faire.
X : x victimes de trente ans de guerre cinghalo-tamoule sur fond de sequelles de colonisation...
Y : Yalua. Amis, rencontres au hasard des chemins...
Z : Ze reviendrai.....
samedi 6 février 2010
L'aventure, la vraie!
Mercredi 04 fevrier 2010.
Apres un debut de matinee au marche aux poissons, vient l'heure d'aller faire un tour sur le net...
Et, la, message de Didier, homme fort sympathique que nous avons rencontre a Haputale.
Didier de nous raconter qu'apres un sejour d'un mois en Inde, il est donc venu au Sri Lanka pour quinze jours, avant de vouloir repartir pour l'Inde.
Sur le depart, on lui apprend que de nouvelles lois sont en vigueur pour les visas indiens.
Nos yeux devorent l'ecran. Quoi? Quelles lois?
Nous relisons l'ensemble du mail, chaque mot.
Depuis une semaine, le gouvernement indien a decide que toute re-entree sur leur sol doit se faire apres une periode de deux mois revolus de sortie du territoire.
On se regarde, incredules.
Didier est bloque a l'aeroport de Colombo, incapable de s'envoler pour l'Inde avant les fameux deux mois revolus!
Blemissement, estomac qui se retourne un petit coup.
Quelque peu crispees et sous le choc, nous nous rendons a l'aeroport pour de plus amples renseignements.
A quatre jours du vol, nous nous presentons, sans sac, aux departs pour les vols internationaux.
Le comptoir de la Sri Lankan. Nous expliquons notre cas, tendons nos billets, febriles.
" Oui, oui, c'est bon."
" Quoi?"
" C'est bon, vos vols sont confirmes!"
Incomprehension. Nous lui reexpliquons donc notre probleme.
Elle nous conseille de nous rendre a l'interieur de l'aeroport pour obtenir une reponse fiable....
Nous nous dirigeons vers l'entree, avec l'espoir que tout ceci ne soit qu'un quiproquo, un reve mauvais...
Nous passons tous les points de controle, evidemment.
Et les suspicions des militaire: " Ou sont vos bagages?"
Nous voila au comptoir d'embarquement. Surrealiste.
Une lumiere peut-etre au bout du tunnel.
Nous reexposons notre cas aux levres rouges sur dents eclatantes en face de nous.
Passeports, type de visas, compagnies aeriennes, tout est verifie.
Ses yeux se relevent sur nous, en meme temps que le couperet tombe sur nos nuques.
" Non. Vous ne pourrez pas embarquer"
" Mais, pourquoi? C'est juste un transit de quelques heures."
" A cause de votre visa a entrees multiples"
Les indiens, sur les dents avec les menaces terroristes, limitent tout acces repete sur leur sol.
Bref, avec un visa valable jusqu'en mai 2010, nous ne pouvons aller en Inde!
Gros moment d'abattement...
Besoin de reentendre la sentence, tellement impensable.
" Nous ne pourrons donc pas embarquer ce lundi?"
" Non "
" Mais que faire? "
" Il vous faut attendre la periode des deux mois, soit a partir du 14 fevrier. Et changer vos dates de vols."
Cauchemar.
Nous rejoignons la sortie a contre-courant, au milieu de la foule a sens unique.
Dehors, ca plombe.
On s'assied, attendant notre tuk-tuk, la tete entre les mains.
Sitauation absurde.
Nous avons les billets d'avion, les visas necessaires, nous ne resterons que 15 heures en Inde et encore dans l'aeroport! Mais, nous ne pouvons pas embarquer...
Colere face a cette absurde injustice...
Et puis, tres vite du stress qui ravage la tete et qui permet de rebondir.
Il nous faut changer les dates du vol Colombo-Delhi pour le 14 fevrier.
Puis, trouver une correspondance avec la Lufthansa jusqu'a Munich.
Annuler la nuitee a Munich avant qu'elle ne soit debitee de nos comptes.
Decaler le train de Munich a Montbeliard...
Prevenir les filles quant a la garde de la chienne; elles doivent se rendre au Maroc au 17 fevrier.
Telephoner a nos familles pour annoncer la nouvelle...
Le chauffeur nous propose son aide. Nous emmener dans une agence de la Sri Lankan pour changer le vol.
En esperant que ce soit ouvert.
Ah, oui! Cerise sur le gateau, aujourd'hui est un jour ferie: journee de l'independance.
On trouve le moyen de rire de ces concours de circonstances completement fous!
Nous revoila a Negombo.
Agence de voyage qui n'a d'evasion que le nom, mais ouverte!
Nous exposons la sitauation au jeune homme, surpris d'avoir des clients et parlant anglais comme nous parlons cinghalais: limite!
Il nous annonce qu'il n'est pas en mesure de changer notre vol qui n'est pas reference dans son ordinateur!
Deuxieme chance: une autre agence, plus loin sur la route de l'aeroport.
Pas de chance, fermee!
Decidant que cette journee a ete suffisament chargee en rebondissements, nous rentrons a la guesthouse.
Desoeuvrees, desabusees.
Nous prenons l'option de ne faire aucune autre demarche avant le lendemain.
Soiree de torpeur, a se poser sans fin les memes questions.
A se dire que cette histoire est un non-sens.
Un tour sur internet histoire de se changer la tete.
La, un nouveau message de Didier.
Nous communiquant les demarches qu'il a engage pour rejoindre l'Inde, coute que coute.
Sa visite a l'ambassade d'Inde a Colombo. L'attente. Les formulaires a remplir. Les 10 dollars de paiement avant meme toute reponse a l'autorisation demandee. Le jeanfoutisme macule de lenteur.
Le refus categorique a sa requete et sans explication.
Sa colere.
Nous rejoignons notre lit. Stress.
Mais, decidees a tenter tout ce qui est possible pour partir a la date prevue.
Demain, nous nous rendrons a Colombo.
Nuit agitee, il va sans dire...
Vendredi 05 fevrier 2010:
06h50, deux mines deconfites et sans espoir au milieu de la foule.
08h20, capitale en vue. Immersion dans le bruit et la fureur de la circulation.
Le temple de nos attentes est la, devant nous.
Acces surveille, fouille au corps.
Febriles, nous nous dirigeons vers un des guichets de doleance. Expliquons a nouveau la teneur de nos problemes.
" Aucun probleme. Si vous restez dans l'aeroport de Dlhi, vous pouvez embarquer a Colombo"
Nous reiterons la question, rodees a la philosophie cinghalaise du "pas probleme".
Reponse sans attente. Non, en effet, c'est impossible.
" Mais, vous pouvez vous rendre a l'autre delegation de l'ambassade pour essayer d'obtenir l'autorisation de re-entree sur le territoire"
Mains qui tremblent.
09h00: une quinzaine de personnes attendant deja l'ouverture de ladite ambassade.
Nous sommes medusees d'etre la.
Les minutes passent.
Les gens affluent. C'est une bataille que de conserver sa place devant la porte de l'espoir.
9h15, le soleil cogne fortement nos tetes et nos nuques.
Corps a corps qui renforce l'impressionde chaleur.
09h20: qu'est-ce qu'ils foutent? La porte demeure close...
Les gens se pressent un peu plus, persuades que leur cas est plus urgent que celui du voisin...
09h30: la porte s'entrebaille a demi. Ruee de corps. Inutile. C'est un goutte a goutte: deux personnes a la fois.
Vient notre tour.
Un premier bureau, fouille au corps, detection du sac, portique des aeroports.
Depot des cigarettes, feu, couteau.
Acces a la salle des demandes.
Ambiance climatisee, fauteuils d'attente.
Une vitre sur un comptoir qui nous separe des fonctionnaires qui commencent leurs journees de travail...par une tasse de the!
C'est a nous de nous adresser a cet homme au ton sec et au regard penche sur d'autres affaires.
Nous tend un formulaire a chacune.
Sur un ecritoire, nous avouons notre reve le plus fou : rejoindre notre pays avec un transit a New Delhi....
Formulaire dument rempli, nous attendons patiemment que notre tour revienne!
Soumises, nous tendons nos formulaires au meme homme, plus sec encore.
10h30: les des sont jettes.
Guichet suivant pour le paiement.
Reponse a 16h30.
Nous rejoignons la jungle de la rue.
Etourdies par l'ingongruite de la situation.
On se refugie sous notre parapluie-parasol et arpentons cette avenue-pieuvre de bord de mer. En quete d'un restaurant, histoire de se couper du bruit et de calmer corps et esprits en surchauffe.
L'apres-midi sera longue.
Nous oscillons entre franche persuasion d'obtenir cette autorisation et doute profond quant a la logique de leurs decisions...
Etrangement, nous sommes clames malgre les evenements.
Poutant rien de pire que cette cite pour nous, ce soleil de plomb qui enrobe cette journee administrative.
Le temps met fin a notre errance...
16h00, nous foulons a nouveau le sol diplomatique indien...
Memes procedures d'entree. Meme attente.
Une demie-heure nous separe de la decision.
Dans l'arene, des fonctionnaires silencieux, aux gestes lents. Danse de la mollesse sur nos nerfs aiguises.
16h30: le responsable du secteur arrive avec des piles incroyables de passeports.
Ruee sur le guichet.
Seule reponse autorisee: " Asseyez-vous. Attendez."
16h45, la tension monte. La recuperation despasseports est censee se clore a 17h15.
17h00, toujours rien.
Nos entrailles sont liquides, nos cerveaux en bouillie. Fous-rires nerveux.
17h15, les premieres reponses sont delivrees aux premiers venus.
Nous sommes les suivantes.
Le responsable nous designe du doigt. On se leve. Notre destin en bout de course.
Lui de titiller encore notre patience, cherchant nos passeports. Nous les tendant sans un mot.
Nous, d'ouvrir nos documents magiques ou maudits.
Delivrance!
Tampon nous autorisant a nous rendre en Inde.
Nous relisons a deux fois cette permission, histoire de decortiquer chaque mot, en anglais.
Incredules encore, nous lui demandons " Ok pour embarquer?"
" Ok"
Nos talons se tournent. Nous devalons en riant l'escalier de sortie.
Nous sommes libres de quitter le Sri Lanka, libres de faire un transit par l'Inde...
Liberees!
Dans le train qui nous ramene a Negombo, nous jouons avec l'idee du destin.
Et si nous n'avions pas rencontre Didier?
On serait alle a l'aeroport ce lundi, a se faire refouler sans pouvoir faire quoi que ce soit....
Destin?!
Apres un debut de matinee au marche aux poissons, vient l'heure d'aller faire un tour sur le net...
Et, la, message de Didier, homme fort sympathique que nous avons rencontre a Haputale.
Didier de nous raconter qu'apres un sejour d'un mois en Inde, il est donc venu au Sri Lanka pour quinze jours, avant de vouloir repartir pour l'Inde.
Sur le depart, on lui apprend que de nouvelles lois sont en vigueur pour les visas indiens.
Nos yeux devorent l'ecran. Quoi? Quelles lois?
Nous relisons l'ensemble du mail, chaque mot.
Depuis une semaine, le gouvernement indien a decide que toute re-entree sur leur sol doit se faire apres une periode de deux mois revolus de sortie du territoire.
On se regarde, incredules.
Didier est bloque a l'aeroport de Colombo, incapable de s'envoler pour l'Inde avant les fameux deux mois revolus!
Blemissement, estomac qui se retourne un petit coup.
Quelque peu crispees et sous le choc, nous nous rendons a l'aeroport pour de plus amples renseignements.
A quatre jours du vol, nous nous presentons, sans sac, aux departs pour les vols internationaux.
Le comptoir de la Sri Lankan. Nous expliquons notre cas, tendons nos billets, febriles.
" Oui, oui, c'est bon."
" Quoi?"
" C'est bon, vos vols sont confirmes!"
Incomprehension. Nous lui reexpliquons donc notre probleme.
Elle nous conseille de nous rendre a l'interieur de l'aeroport pour obtenir une reponse fiable....
Nous nous dirigeons vers l'entree, avec l'espoir que tout ceci ne soit qu'un quiproquo, un reve mauvais...
Nous passons tous les points de controle, evidemment.
Et les suspicions des militaire: " Ou sont vos bagages?"
Nous voila au comptoir d'embarquement. Surrealiste.
Une lumiere peut-etre au bout du tunnel.
Nous reexposons notre cas aux levres rouges sur dents eclatantes en face de nous.
Passeports, type de visas, compagnies aeriennes, tout est verifie.
Ses yeux se relevent sur nous, en meme temps que le couperet tombe sur nos nuques.
" Non. Vous ne pourrez pas embarquer"
" Mais, pourquoi? C'est juste un transit de quelques heures."
" A cause de votre visa a entrees multiples"
Les indiens, sur les dents avec les menaces terroristes, limitent tout acces repete sur leur sol.
Bref, avec un visa valable jusqu'en mai 2010, nous ne pouvons aller en Inde!
Gros moment d'abattement...
Besoin de reentendre la sentence, tellement impensable.
" Nous ne pourrons donc pas embarquer ce lundi?"
" Non "
" Mais que faire? "
" Il vous faut attendre la periode des deux mois, soit a partir du 14 fevrier. Et changer vos dates de vols."
Cauchemar.
Nous rejoignons la sortie a contre-courant, au milieu de la foule a sens unique.
Dehors, ca plombe.
On s'assied, attendant notre tuk-tuk, la tete entre les mains.
Sitauation absurde.
Nous avons les billets d'avion, les visas necessaires, nous ne resterons que 15 heures en Inde et encore dans l'aeroport! Mais, nous ne pouvons pas embarquer...
Colere face a cette absurde injustice...
Et puis, tres vite du stress qui ravage la tete et qui permet de rebondir.
Il nous faut changer les dates du vol Colombo-Delhi pour le 14 fevrier.
Puis, trouver une correspondance avec la Lufthansa jusqu'a Munich.
Annuler la nuitee a Munich avant qu'elle ne soit debitee de nos comptes.
Decaler le train de Munich a Montbeliard...
Prevenir les filles quant a la garde de la chienne; elles doivent se rendre au Maroc au 17 fevrier.
Telephoner a nos familles pour annoncer la nouvelle...
Le chauffeur nous propose son aide. Nous emmener dans une agence de la Sri Lankan pour changer le vol.
En esperant que ce soit ouvert.
Ah, oui! Cerise sur le gateau, aujourd'hui est un jour ferie: journee de l'independance.
On trouve le moyen de rire de ces concours de circonstances completement fous!
Nous revoila a Negombo.
Agence de voyage qui n'a d'evasion que le nom, mais ouverte!
Nous exposons la sitauation au jeune homme, surpris d'avoir des clients et parlant anglais comme nous parlons cinghalais: limite!
Il nous annonce qu'il n'est pas en mesure de changer notre vol qui n'est pas reference dans son ordinateur!
Deuxieme chance: une autre agence, plus loin sur la route de l'aeroport.
Pas de chance, fermee!
Decidant que cette journee a ete suffisament chargee en rebondissements, nous rentrons a la guesthouse.
Desoeuvrees, desabusees.
Nous prenons l'option de ne faire aucune autre demarche avant le lendemain.
Soiree de torpeur, a se poser sans fin les memes questions.
A se dire que cette histoire est un non-sens.
Un tour sur internet histoire de se changer la tete.
La, un nouveau message de Didier.
Nous communiquant les demarches qu'il a engage pour rejoindre l'Inde, coute que coute.
Sa visite a l'ambassade d'Inde a Colombo. L'attente. Les formulaires a remplir. Les 10 dollars de paiement avant meme toute reponse a l'autorisation demandee. Le jeanfoutisme macule de lenteur.
Le refus categorique a sa requete et sans explication.
Sa colere.
Nous rejoignons notre lit. Stress.
Mais, decidees a tenter tout ce qui est possible pour partir a la date prevue.
Demain, nous nous rendrons a Colombo.
Nuit agitee, il va sans dire...
Vendredi 05 fevrier 2010:
06h50, deux mines deconfites et sans espoir au milieu de la foule.
08h20, capitale en vue. Immersion dans le bruit et la fureur de la circulation.
Le temple de nos attentes est la, devant nous.
Acces surveille, fouille au corps.
Febriles, nous nous dirigeons vers un des guichets de doleance. Expliquons a nouveau la teneur de nos problemes.
" Aucun probleme. Si vous restez dans l'aeroport de Dlhi, vous pouvez embarquer a Colombo"
Nous reiterons la question, rodees a la philosophie cinghalaise du "pas probleme".
Reponse sans attente. Non, en effet, c'est impossible.
" Mais, vous pouvez vous rendre a l'autre delegation de l'ambassade pour essayer d'obtenir l'autorisation de re-entree sur le territoire"
Mains qui tremblent.
09h00: une quinzaine de personnes attendant deja l'ouverture de ladite ambassade.
Nous sommes medusees d'etre la.
Les minutes passent.
Les gens affluent. C'est une bataille que de conserver sa place devant la porte de l'espoir.
9h15, le soleil cogne fortement nos tetes et nos nuques.
Corps a corps qui renforce l'impressionde chaleur.
09h20: qu'est-ce qu'ils foutent? La porte demeure close...
Les gens se pressent un peu plus, persuades que leur cas est plus urgent que celui du voisin...
09h30: la porte s'entrebaille a demi. Ruee de corps. Inutile. C'est un goutte a goutte: deux personnes a la fois.
Vient notre tour.
Un premier bureau, fouille au corps, detection du sac, portique des aeroports.
Depot des cigarettes, feu, couteau.
Acces a la salle des demandes.
Ambiance climatisee, fauteuils d'attente.
Une vitre sur un comptoir qui nous separe des fonctionnaires qui commencent leurs journees de travail...par une tasse de the!
C'est a nous de nous adresser a cet homme au ton sec et au regard penche sur d'autres affaires.
Nous tend un formulaire a chacune.
Sur un ecritoire, nous avouons notre reve le plus fou : rejoindre notre pays avec un transit a New Delhi....
Formulaire dument rempli, nous attendons patiemment que notre tour revienne!
Soumises, nous tendons nos formulaires au meme homme, plus sec encore.
10h30: les des sont jettes.
Guichet suivant pour le paiement.
Reponse a 16h30.
Nous rejoignons la jungle de la rue.
Etourdies par l'ingongruite de la situation.
On se refugie sous notre parapluie-parasol et arpentons cette avenue-pieuvre de bord de mer. En quete d'un restaurant, histoire de se couper du bruit et de calmer corps et esprits en surchauffe.
L'apres-midi sera longue.
Nous oscillons entre franche persuasion d'obtenir cette autorisation et doute profond quant a la logique de leurs decisions...
Etrangement, nous sommes clames malgre les evenements.
Poutant rien de pire que cette cite pour nous, ce soleil de plomb qui enrobe cette journee administrative.
Le temps met fin a notre errance...
16h00, nous foulons a nouveau le sol diplomatique indien...
Memes procedures d'entree. Meme attente.
Une demie-heure nous separe de la decision.
Dans l'arene, des fonctionnaires silencieux, aux gestes lents. Danse de la mollesse sur nos nerfs aiguises.
16h30: le responsable du secteur arrive avec des piles incroyables de passeports.
Ruee sur le guichet.
Seule reponse autorisee: " Asseyez-vous. Attendez."
16h45, la tension monte. La recuperation despasseports est censee se clore a 17h15.
17h00, toujours rien.
Nos entrailles sont liquides, nos cerveaux en bouillie. Fous-rires nerveux.
17h15, les premieres reponses sont delivrees aux premiers venus.
Nous sommes les suivantes.
Le responsable nous designe du doigt. On se leve. Notre destin en bout de course.
Lui de titiller encore notre patience, cherchant nos passeports. Nous les tendant sans un mot.
Nous, d'ouvrir nos documents magiques ou maudits.
Delivrance!
Tampon nous autorisant a nous rendre en Inde.
Nous relisons a deux fois cette permission, histoire de decortiquer chaque mot, en anglais.
Incredules encore, nous lui demandons " Ok pour embarquer?"
" Ok"
Nos talons se tournent. Nous devalons en riant l'escalier de sortie.
Nous sommes libres de quitter le Sri Lanka, libres de faire un transit par l'Inde...
Liberees!
Dans le train qui nous ramene a Negombo, nous jouons avec l'idee du destin.
Et si nous n'avions pas rencontre Didier?
On serait alle a l'aeroport ce lundi, a se faire refouler sans pouvoir faire quoi que ce soit....
Destin?!
jeudi 4 février 2010
Sur l'ocean indien....
Nous voila donc sur les derniers jours de notre periple... Apres de nombreux jours passes a la montagne, au temps tres variable, ciel bas et grand froid(!), nous decidons d'anticiper notre retour sur les plages. Besoin de profiter encore de ce soleil accablant et de la vue d'un ciel purement bleu....
Nous louons des velos pour arpenter plus en profondeur les rues de Negombo et ses environs, un peu plus loin des endroits typiquement touristiques... On vous avoue aussi que c'est l'occasion de ne rien faire, de s'octroyer de nombreuses siestes obligatoires, etant donne la chaleur, il n'y a que ca a faire durant les heures chaudes...
Insouciantes et curieuses, nous saisissons l'aubaine d'une peche en mer qu'une connaissance nous propose.
Reticentes, nous lui avouons craindre les eaux tumultueuses plus loin au large.
" Non, non. La mer est d'huile. Vous n'aurez pas le mal de mer d'autant que nous n'irons pas loin."
Nous sommes donc au rendez-vous, 16h30.
Les pecheurs verifient minutieusement le filet, un enorme tas en boule sur le sable.
Le bateau, embarcation a moteur, est echoue sur le sable.
Nous nous regalons du spectacle.
Tout autour sur la plage, un alignement de catamarans. Et des pecheurs sur leurs montures, de recoudre ces fameux filets aux mailles si fines. Mains toutes cornues, visage marque de ce labeur difficile et toujours les dents rougies de betel.
L'essence est mise dans un jerricane. Le moteur est alors arrime au bateau. Nous voila sur le depart.
Il nous faut pousser l'embarcation. Bon, ok, ca ne sert a rien. Les hommes nous conseillent en riant de monter a bord avant la mise a l'eau.
Ca y est noix dans leurs coques, a l'aise, heureuses.
Une grosse demie-heure a casser les vagues.
Le rivage se transforme en mirage.
Les gilets de sauvetage aussi!
Le soleil tombe mollement dans la mer rosissant comme une vierge effarouchee.
Le moteur s'arrete.
C'est donc ici que nous jetterons le filet a la mer. Longueur hallucinante, balises-flotteurs incalculables: peut-etre un kilometre!
Des l'arret, les remous de l'ocean se font sentir...
Minutes sereines, silence au milieu de la mer.
Soleil rouge, maintenant.
Attente. Un des pecheurs au repos, allonge sur la proue comme si de rien n'etait. L'autre de verifier longuement ses fils de peche.
La nuit tombe doucement.
Raphaele commence a blanchir: premier vomi. "Comme tout marin lors de sa premiere peche" tente de rassurer le pecheur.
Plus blanche encore de minute en minute.
Il fait nuit noire, il est temps d'allumer une lampe de fortune. Arrosoir deguise en lampe d'Aladin des mers. Flameche dans la nuit. Odeur entetante de kerdane.
Le mal ne passera pas.
Comprehensifs, les pecheurs decident de remonter le filet plus vite que prevu.
Ca fait quasiment deux heures que nous divaguons dans cette torpeur...
Raphaele, pliee en deux, vraiment mal.
La remontee du filet est une operation longue et ardue.
Entrave par le poids de l'eau, il est remonte, a l'avant du bateau, a bout de bras.
Et vide de sa peche au fur et a mesure que le deuxieme pecheur le hisse a lui.
Des poissons de 20 cm, tous identiques.
Nous amorcons le retour. Il est 22h00...
Comme signal de presence au croisement d'autres bateaux, une simple lampe de poche, qui fonctionne une fois sur trois...
Horizon de lucioles posees sur l'horizon. Des centaines d'embarcations au flamme de kerdane pour une peche miraculeuse...
Vagues phosphorescentes sur mer d'encre.
Voute d'etoiles, la, juste au dessus de nos tetes...
La plage a quelques metres.
Debarquement. Joie de Raphaele, terrienne d'amour qui a su prendre son mal en patience.
Un pied sur la plage, ouf.
Regards curieux et envieux de ceux deja revenus: constater la peche du voisin.
Peche immediatement pesee, vendue.
En tant que bons marins, nous avons droit a notre part du butin!
Nous rentrons a la guesthouse. Le pecheur devient cuisinier. La chaine du froid n'a pas lieu d'etre...
Apero et diner succulent sur terrasse deserte avec vue sur la mer...
Nous louons des velos pour arpenter plus en profondeur les rues de Negombo et ses environs, un peu plus loin des endroits typiquement touristiques... On vous avoue aussi que c'est l'occasion de ne rien faire, de s'octroyer de nombreuses siestes obligatoires, etant donne la chaleur, il n'y a que ca a faire durant les heures chaudes...
Insouciantes et curieuses, nous saisissons l'aubaine d'une peche en mer qu'une connaissance nous propose.
Reticentes, nous lui avouons craindre les eaux tumultueuses plus loin au large.
" Non, non. La mer est d'huile. Vous n'aurez pas le mal de mer d'autant que nous n'irons pas loin."
Nous sommes donc au rendez-vous, 16h30.
Les pecheurs verifient minutieusement le filet, un enorme tas en boule sur le sable.
Le bateau, embarcation a moteur, est echoue sur le sable.
Nous nous regalons du spectacle.
Tout autour sur la plage, un alignement de catamarans. Et des pecheurs sur leurs montures, de recoudre ces fameux filets aux mailles si fines. Mains toutes cornues, visage marque de ce labeur difficile et toujours les dents rougies de betel.
L'essence est mise dans un jerricane. Le moteur est alors arrime au bateau. Nous voila sur le depart.
Il nous faut pousser l'embarcation. Bon, ok, ca ne sert a rien. Les hommes nous conseillent en riant de monter a bord avant la mise a l'eau.
Ca y est noix dans leurs coques, a l'aise, heureuses.
Une grosse demie-heure a casser les vagues.
Le rivage se transforme en mirage.
Les gilets de sauvetage aussi!
Le soleil tombe mollement dans la mer rosissant comme une vierge effarouchee.
Le moteur s'arrete.
C'est donc ici que nous jetterons le filet a la mer. Longueur hallucinante, balises-flotteurs incalculables: peut-etre un kilometre!
Des l'arret, les remous de l'ocean se font sentir...
Minutes sereines, silence au milieu de la mer.
Soleil rouge, maintenant.
Attente. Un des pecheurs au repos, allonge sur la proue comme si de rien n'etait. L'autre de verifier longuement ses fils de peche.
La nuit tombe doucement.
Raphaele commence a blanchir: premier vomi. "Comme tout marin lors de sa premiere peche" tente de rassurer le pecheur.
Plus blanche encore de minute en minute.
Il fait nuit noire, il est temps d'allumer une lampe de fortune. Arrosoir deguise en lampe d'Aladin des mers. Flameche dans la nuit. Odeur entetante de kerdane.
Le mal ne passera pas.
Comprehensifs, les pecheurs decident de remonter le filet plus vite que prevu.
Ca fait quasiment deux heures que nous divaguons dans cette torpeur...
Raphaele, pliee en deux, vraiment mal.
La remontee du filet est une operation longue et ardue.
Entrave par le poids de l'eau, il est remonte, a l'avant du bateau, a bout de bras.
Et vide de sa peche au fur et a mesure que le deuxieme pecheur le hisse a lui.
Des poissons de 20 cm, tous identiques.
Nous amorcons le retour. Il est 22h00...
Comme signal de presence au croisement d'autres bateaux, une simple lampe de poche, qui fonctionne une fois sur trois...
Horizon de lucioles posees sur l'horizon. Des centaines d'embarcations au flamme de kerdane pour une peche miraculeuse...
Vagues phosphorescentes sur mer d'encre.
Voute d'etoiles, la, juste au dessus de nos tetes...
La plage a quelques metres.
Debarquement. Joie de Raphaele, terrienne d'amour qui a su prendre son mal en patience.
Un pied sur la plage, ouf.
Regards curieux et envieux de ceux deja revenus: constater la peche du voisin.
Peche immediatement pesee, vendue.
En tant que bons marins, nous avons droit a notre part du butin!
Nous rentrons a la guesthouse. Le pecheur devient cuisinier. La chaine du froid n'a pas lieu d'etre...
Apero et diner succulent sur terrasse deserte avec vue sur la mer...
jeudi 28 janvier 2010
Ella
12h00, apres les tuk-tuk, le tchou-tchou. Une remontee dans le temps. Locomotive tout droit sortie du 19eme siecle. Compartiments de bois au charme surrane.
Chargement de paquets heteroclites en soute: 20 minutes de retard au depart!
Un premier arret quelques minutes seulement apres le demarrage du train. Attente incomprehensible, puis nous comprenons. Changement d'aiguillage, le train recule d'autant de ce qu'il a avance! Re-aiguillage, puis attente qu'un autre train ne passe... Il est 13H15, nous sommes toujours aux environs d'Haputale!
Trajet sublime, nous sillonnons entre les collines chargees de the et de jardins.
Pont branlant. Precipices vertigineux. Deux rails suspendus dans le vide.
Ella, a 17 kilometres d'Haputale:14H30!
Et, il parait que le trajet etait plus rapide qu'en bus!
Le lendemain, nous nous reveillons au son des aurores. Nous nous etirons sur ce bonheur dans un jardin fleuri et d'un calme absolu...
La vie trepigne deja.
Journee capitale pour le Sri Lanka:elections en ce jour. Paroxysme de semaines de shows televises, de drapeaux a l'effigie du president actuel.... L'omnipresence de ce guignol de l'info est siderante....
Nous profitons de ce petit village de montagne pour parcourir de nombreux sentiers de balade.
Quelques kilometres empruntes sur la voie ferree. C'est ici une avenue populaire pour joindre deux points en ces regions sinueuses.
Des hommes et des femmes vetus de leurs plus beaux habits se rendent au bureau de vote voisin. Des gamins profitent de notre passage pour parfaire leur anglais.
Des departs aux champs, beche sur le dos.
Des moines illumines de leur parure orange.
Vue somptueuse sur la nature et ses habitants.
Bonne grimpette dans une foret d'eucalyptus, jusqu'au sommet d'un rocher. Nos yeux se perdent dans cette faille et l'imagination nous fait deviner la cote derriere les montagnes au loin...
Vallee sauvage sur un fond de collines jusque la ou l'oeil ne percoit plus qu'un mirage de brume laiteuse.
Le temps est mou et elastique dans cette bourgade.
Nous prenons gout a cette indolence rythmee par des randonnees quotidiennes.
Quelques jours loin de l'agitation de la campagne electorale.
Sans surprise, mais avec probablement quelques malversations, le president Mahinda Rajapakse est reelu. Liesse populaire partout dans le pays. Et mecontentement partout dans le pays egalement... Une paix nouvelle qui pourrait etre souillee dans les mois a venir...
PS: Pas de photos, une fois encore. Tres difficile parfois de faire ici cette manipulation pourtant simple... Desolee pour l'evasion...
Chargement de paquets heteroclites en soute: 20 minutes de retard au depart!
Un premier arret quelques minutes seulement apres le demarrage du train. Attente incomprehensible, puis nous comprenons. Changement d'aiguillage, le train recule d'autant de ce qu'il a avance! Re-aiguillage, puis attente qu'un autre train ne passe... Il est 13H15, nous sommes toujours aux environs d'Haputale!
Trajet sublime, nous sillonnons entre les collines chargees de the et de jardins.
Pont branlant. Precipices vertigineux. Deux rails suspendus dans le vide.
Ella, a 17 kilometres d'Haputale:14H30!
Et, il parait que le trajet etait plus rapide qu'en bus!
Le lendemain, nous nous reveillons au son des aurores. Nous nous etirons sur ce bonheur dans un jardin fleuri et d'un calme absolu...
La vie trepigne deja.
Journee capitale pour le Sri Lanka:elections en ce jour. Paroxysme de semaines de shows televises, de drapeaux a l'effigie du president actuel.... L'omnipresence de ce guignol de l'info est siderante....
Nous profitons de ce petit village de montagne pour parcourir de nombreux sentiers de balade.
Quelques kilometres empruntes sur la voie ferree. C'est ici une avenue populaire pour joindre deux points en ces regions sinueuses.
Des hommes et des femmes vetus de leurs plus beaux habits se rendent au bureau de vote voisin. Des gamins profitent de notre passage pour parfaire leur anglais.
Des departs aux champs, beche sur le dos.
Des moines illumines de leur parure orange.
Vue somptueuse sur la nature et ses habitants.
Bonne grimpette dans une foret d'eucalyptus, jusqu'au sommet d'un rocher. Nos yeux se perdent dans cette faille et l'imagination nous fait deviner la cote derriere les montagnes au loin...
Vallee sauvage sur un fond de collines jusque la ou l'oeil ne percoit plus qu'un mirage de brume laiteuse.
Le temps est mou et elastique dans cette bourgade.
Nous prenons gout a cette indolence rythmee par des randonnees quotidiennes.
Quelques jours loin de l'agitation de la campagne electorale.
Sans surprise, mais avec probablement quelques malversations, le president Mahinda Rajapakse est reelu. Liesse populaire partout dans le pays. Et mecontentement partout dans le pays egalement... Une paix nouvelle qui pourrait etre souillee dans les mois a venir...
PS: Pas de photos, une fois encore. Tres difficile parfois de faire ici cette manipulation pourtant simple... Desolee pour l'evasion...
dimanche 24 janvier 2010
Haputale
Haputale, 1600 metres d'altitude, est situee sur une crete. Horizon pourtant ramene au bout de son nez. Un brouillard constant semblable a des embruns, ventiles par les differents courants d'air. Ce sont donc des nuages de brouillard qui nous accueillent.
Nous conjurons la grisaille au matin. Et surtout le froid.
04h30. Le reveil sonne sur une journee prometteuse. Etrangement bien reveillees, nous avons pris l'habitude de nous lever en meme temps que le soleil.
Nous attendons impatiemment la venue du vehicule pour devancer le lever du jour.
Jouer avec le temps. Mettre toutes les chances de notre cote pour profiter du parc national de Horton Plains, avant qu'il ne soit litteralement submerge de brouillard. Plateau a 2000 metres d'altitude, melange de forets, de prairies, de tourbes...
Quelques kilometres de lacets nous en separent.
Paysage nimbe de mystere encore plonge dans l'obscurite.
La lumiere poind.
Nous approchons du but.
Nous devinons alors de majestueuses montagnes, pics de douceur.
La, miracle de la chance, cieux clements qui nous saluent.
Arret sur image. Une mer de nuages moutonnant a l'infini.
Sous nos pieds, une valle vertigineuse. Sous nos yeux, le dessin des collines qui se precise en osmose avec une vegetation superbe.
Les rayons du soleil chatouillent les cheveux des nuages.
Degrade de lumieres de seconde en seconde. Rose, pourpre, violet, rouge.
Ode a la beaute, refletee dans nos yeux ebahis.
La vegetation jusqu'alors sombre et immobile s'embrase et danse sous les feux de la rampe. Ravissement du jour qui se leve...par 0 degre!
Moment religieux.
Puis, nous accedons a l'entree du parc.
Premiers pas febriles dans cette nature inconnue. Ca craque sous nos pas, gelee partout alentour.
Sambars dans les lueurs de cette aurore magique.
Dans le ventre de la foret, l'ambiance est froide et humide. Ecosysteme complexe et impenetrable.
Nous parcourons avec ravissement les montees et descentes des cretes a suivre.
Sentier etroit au milieu de nulle part. D'ailleurs, nous y voila, nulle part, le bout du monde. Precipice a gauche comme a droite, 1000 metres de chute, vue fantasmagorique sur une vallee verdoyante sur une vallee verdoyante, tout la-bas en bas.
On touche des doigts ces sommets qui nous paraissaient si loin. Raies de lumieres filtrees par les cimes des montagnes.
Un moment de grace sur le toit du monde.
Cheminement vers d'autres decors.
Paysage de plaines. Des rododhendrons, dolmens de solitude au milieu d'herbes seches.
A present, il fait tres chaud.
Douceur des yeux, rivieres gouleyantes, cascades vivantes.
La vie aureolee de silence.
Nous sommes seules dans ce paradis.
11h00. Trajet du retour sous la lumiere du jour.
Maraichers et jardins en espaliers.
Des carottes, des haricots, du riz. Comme un eden irrigue d'eau des dieux.
Jeux des lignes et des courbes raffine.
Enchantement.
Cerise sur le gateau, des singes-ours a quelques metres de nous. Patauds a la barbiche grise, sautant lourdement d'arbre en arbre.
Une journee sous le signe du bonheur.
vendredi 22 janvier 2010
Sinharaja.
Station de bus de Ratnapura. Miraculeuse peche , bus pour Deniyaya, la porte d'acces pour la foret tropicale.
Sacs arrimes al'avant, places assises apres une bataille indescriptible. C'est un corps a corps, une lutte soudaine apeine le bus est en vue. Obtenir une place assise releve du miracle ou d'un effort digne d'un sumo faisant ses preuves. A ca moment, aucun respect, seul compte la poussee formidable vers l'interieur.. Prendre les transports publics est une experience unique et enrichissante. Proximite inimaginable:encerclees dos, de bras, de mains. Membres indertermines en appui.
Et ce coude a coude du controleur aussi. Qui devient anguille dans ce bus cahotique et evidemment bonde. Cette faculte admirable de prendre d'une main les billets de sa souche, rendre de l'autre la monnaie au milieu de la foule et des nids de poule... Equilibre miraculeux erige en art de la grace, sans en avoir l'air.
Reflex, parfois. Fermer les yeux sur un troisieme bus insere a vive allure sur cette route etroite... Ca passe.
Route aux pentes ardues et sinueuses. Tetes d'epingles tellement resserees que le bus s'y prend a deux manoeuvres pour aborder ces virages de montagne. Genies du volant, vraiment. Collines et precipices, rizieres la-bas, en bas, et des mosaiques d'arbres a the comme composition d'un tableau multichrome.
Voyage particulierement rude, suspensions par les fesses et la nuque, estomac dans la bouche. Nous voila a Deniyaya. Quelques heures de repos dans une batisse coloniale, vue incroyable et calme authentique.
Le lendemain, au petit matin. Premier etonnement: il fait frais.
Puis le soleil apparait, le brouillard disparait progressivement, deshabillant les arbres majestueux.
Sinharaja.
Bord de riviere. La lumiere transperce les fougeres. Bruit de feuilles, la-haut dans la canopee: signe d'un animal, singe a demi visible...
Cimes des arbres entetantes, vertige des sens. La nuque cassee vers le ciel, 40 metres plus haut sous les arbres.
Lianes a la grosseur d'un tronc, endemiques.
Fougeres et autres herbes medicinales.
Et au sol, pendant ce temps, les sangsues nous attaquent, inlassablement...
Serpents vert lumiere parmi les feuilles. Araignees au centres de leurs toiles, maisons de fil et gouttes d'eau.
Cameleons. Chenilles aux poils immenses, tres allergenes.
Papillons enormes se prenant pour des feuilles.
Et autres bestioles aux noms inconnus mais au souvenir du coeur.
Quelques instants de felicite.
Sacs arrimes al'avant, places assises apres une bataille indescriptible. C'est un corps a corps, une lutte soudaine apeine le bus est en vue. Obtenir une place assise releve du miracle ou d'un effort digne d'un sumo faisant ses preuves. A ca moment, aucun respect, seul compte la poussee formidable vers l'interieur.. Prendre les transports publics est une experience unique et enrichissante. Proximite inimaginable:encerclees dos, de bras, de mains. Membres indertermines en appui.
Et ce coude a coude du controleur aussi. Qui devient anguille dans ce bus cahotique et evidemment bonde. Cette faculte admirable de prendre d'une main les billets de sa souche, rendre de l'autre la monnaie au milieu de la foule et des nids de poule... Equilibre miraculeux erige en art de la grace, sans en avoir l'air.
Reflex, parfois. Fermer les yeux sur un troisieme bus insere a vive allure sur cette route etroite... Ca passe.
Route aux pentes ardues et sinueuses. Tetes d'epingles tellement resserees que le bus s'y prend a deux manoeuvres pour aborder ces virages de montagne. Genies du volant, vraiment. Collines et precipices, rizieres la-bas, en bas, et des mosaiques d'arbres a the comme composition d'un tableau multichrome.
Voyage particulierement rude, suspensions par les fesses et la nuque, estomac dans la bouche. Nous voila a Deniyaya. Quelques heures de repos dans une batisse coloniale, vue incroyable et calme authentique.
Le lendemain, au petit matin. Premier etonnement: il fait frais.
Puis le soleil apparait, le brouillard disparait progressivement, deshabillant les arbres majestueux.
Sinharaja.
Bord de riviere. La lumiere transperce les fougeres. Bruit de feuilles, la-haut dans la canopee: signe d'un animal, singe a demi visible...
Cimes des arbres entetantes, vertige des sens. La nuque cassee vers le ciel, 40 metres plus haut sous les arbres.
Lianes a la grosseur d'un tronc, endemiques.
Fougeres et autres herbes medicinales.
Et au sol, pendant ce temps, les sangsues nous attaquent, inlassablement...
Serpents vert lumiere parmi les feuilles. Araignees au centres de leurs toiles, maisons de fil et gouttes d'eau.
Cameleons. Chenilles aux poils immenses, tres allergenes.
Papillons enormes se prenant pour des feuilles.
Et autres bestioles aux noms inconnus mais au souvenir du coeur.
Quelques instants de felicite.
mardi 19 janvier 2010
Jaffna.
Visa en poche , nous nous rendons au ministere de la Defense de Colombo. Demarche obligatoire avant tout voyage vers Jaffna.
Zone sous haute surveillance, le Parlement juste a cote. Interdiction de stationner. Barrieres jaunes, symboles des points de controles, maintenant familieres. Interdiction de filmer, de prendre des photos. Garde accrue: policiers, militaires.
Tous nous regardent interloques: " que faisons nous ici?"
Apres explication du but de notre venue, nous penetrons dans une cahute de 20 metres carre,antichambre du ministere de la Defense.
Sur la gauche, une table, outil de travail aux militaires charges de la fouille des sacs.
a peine entres, nous provoquons sourires et amusement.
Une autre table pour fonctionnaires a la fonction non-etablie.
Et puis le bureau des doleances, derriere lequel un jeune policier attend notre requete.
Protocole a suivre. Fournir une photocopie du passeport. Ecrire une lettre au secretaire de la Defense, expliquant le pourquoi du comment.
D'autres fonctionnaires s'affairent ou l'art de brasser du vent.
L'atmosphere se detend. Philippe nous conseille en anglais de ne pas dire que nous sommes des terroristes. Eclat de rire du policier.
Nous avons quant a nous cet air naif et insouciant, loin de la representation solennelle necessaire en un tel lieu.
Mission terminee...sauf que les permissions ne seront delivrees que le lendemain.
" Sur? ", demandons-nous a l'officier.
"Sur", ca veut donc dire peut-etre en conghalais.
Heureuses et confiantes, nous quittons ce bureau ministeriel! Et colombo, au plus vite. En passant par le souk de la capitale, peta.
Fascinant quartier. Une vie degoulinante et suintante dans les moindres recoins.
Explosion de couleurs.
Ca grouille.
Anarchie apparente et organisee. Sous le charme.
Une heure plus tard, Negombo, face a la mer.
Le lendemain, nous rappelons le policier. Effectivement, ca n'etait pas sur.
Nous prolongeons donc le sejour a Negombo. Que ne ferait-on pas au nom de l'amitie?!
Le lendemain, vendredi 15 janvier.
07 heures, gare de Negombo.
08h20, gare de Colombo.
08h22, ministere de la Defense.
Autres gardes, meduses de nous voir descendre du tuk-tuk, endosses nos enormes sacs et se diriger sur eux avec conviction.
Question identique: que faites vous ici?
Mot de passe: autorisation pour Jaffna.
08h40, permission en poche, nous sommes hebetees du bon deroulement des operations.
09h15, nous sommes installees dans le train pour Vavunya, direction le grand nord.
19h10: Vavunya de nuit. Nous sommes les seules a descendre de ce train.
Changement d'ambiance.
Des policiers partout. Un sens de circulation dans la gare impose par des couloirs. Acces strictement surveille. Clotures de fortune, materialisees par de simples cordes. Concentration de la foule devant la gare.
Nous sommes des betes curieuses.
Hotel face a la gare, glauque et puant. Derniere chambre, on prend.
Encore incredules, nous sortons notre laisser passer magique.
Demain, nous serons a Jaffna.
Et la, consternation.
Soucieuses de ne verifier que l'exactitude de nos noms et de nos numeros de passeports, nous prenons seulement connaissance du contenu en lui-meme.
Nous sommes effectivement autorisees a nous rendre a Jaffna....mais par avion depuis Colombo!!!!
Nous appelons Bavani. Confirmation de l'impossibilite de se rendre a Jaffna par la route, pour cause de post nettoyage ethnique...
Notre point de rencontre tombe egalement en desuetude. Un contretemps de Bavani l'oblige a se rendre chez Srilatha, pres de Ratnapura. L'amie rencontree lors de l'ascencion du Sri Pada.
Elle nous propose le plus naturellement du monde de la rejoindre.
Ce qui sous-entend un trajet en sens inverse des le lendemain aux aurores!!!
Quelques minutes de desolation, conscientes du ridicule de la situation!
Puis, tres vite, fous-rires.
Si nous n'allons pas a Jaffna,Jaffna viendra a nous.
Retrouver cet endroit magique qu'est Pallabaddala.
Puis, on en profitera pour aller travailler dans les plantations de the, come nous le desirions. Relativite.
Srilatha, la maison du bonheur. Retrouvailles avec Bavani et son cortegede sourires, dodelinant de la tete...
On se retrouve....pour douze heures!!
En route pour la visite d'une plantation de the. Jardins en espaliers, comme paysages unique dans cette region aux verts multiples.
Le patron nous recoit avec bienveillance.
Etonnement cache en sourire comprehensif quand il nous annonce la necessite d'avoir une autorisation de Colombo pour visiter une fabrique de thes!!! Deux jours de delai! Decidement!
Inutiles pour nous de parler de notre desir de travailler ici...
Jardins de the, serre magique.
Et le travail ardu des cueilleurs.
Attroupement de ceux-ci autour de l'appareil photo, veritable revelation...
Peau sombre et dents rouges de betel, front orne de point d'or, signe des hindouistes. Tous les travailleurs sont tamouls donc hindouistes.
Betel aux levres, sourires ravageurs tout autant que ravages...
Un sac en toile de jute de pres de 26 kilos avec comme seule attache une bandouliere maintenue par le front...
Lecons de choses et de vie.
Nous voila donc a Ratnapura. Depart pour le sud de la ville. Avec l'exploration tant attendue d'une des dernieres forets tropicales humides sur cette planete. Patrimoine de l'Unesco, c'est dire....
Attention taux d'humidite:87%
5 000 mm de precipitations par an. En gros, il pleut continuellement!
45 especes de reptiles recensees. Sans parler des autres animaux....
Et ce lieu mysterieux est le berceau des foyers nombreux de sangsues!!!
Attention, joyau de l'humanite dont nous ouvrirons pour vous l'ecrin lors d'un prochain acces internet. Moins regulier d'ailleurs dans cette region montagneuse que nous allons silloner pour ces dernieres semaines au Sri Lanka.
A condition que nous n'ayons pas besoin d'autorisation pour penetrer dans ce sanctuaire!!!
Zone sous haute surveillance, le Parlement juste a cote. Interdiction de stationner. Barrieres jaunes, symboles des points de controles, maintenant familieres. Interdiction de filmer, de prendre des photos. Garde accrue: policiers, militaires.
Tous nous regardent interloques: " que faisons nous ici?"
Apres explication du but de notre venue, nous penetrons dans une cahute de 20 metres carre,antichambre du ministere de la Defense.
Sur la gauche, une table, outil de travail aux militaires charges de la fouille des sacs.
a peine entres, nous provoquons sourires et amusement.
Une autre table pour fonctionnaires a la fonction non-etablie.
Et puis le bureau des doleances, derriere lequel un jeune policier attend notre requete.
Protocole a suivre. Fournir une photocopie du passeport. Ecrire une lettre au secretaire de la Defense, expliquant le pourquoi du comment.
D'autres fonctionnaires s'affairent ou l'art de brasser du vent.
L'atmosphere se detend. Philippe nous conseille en anglais de ne pas dire que nous sommes des terroristes. Eclat de rire du policier.
Nous avons quant a nous cet air naif et insouciant, loin de la representation solennelle necessaire en un tel lieu.
Mission terminee...sauf que les permissions ne seront delivrees que le lendemain.
" Sur? ", demandons-nous a l'officier.
"Sur", ca veut donc dire peut-etre en conghalais.
Heureuses et confiantes, nous quittons ce bureau ministeriel! Et colombo, au plus vite. En passant par le souk de la capitale, peta.
Fascinant quartier. Une vie degoulinante et suintante dans les moindres recoins.
Explosion de couleurs.
Ca grouille.
Anarchie apparente et organisee. Sous le charme.
Une heure plus tard, Negombo, face a la mer.
Le lendemain, nous rappelons le policier. Effectivement, ca n'etait pas sur.
Nous prolongeons donc le sejour a Negombo. Que ne ferait-on pas au nom de l'amitie?!
Le lendemain, vendredi 15 janvier.
07 heures, gare de Negombo.
08h20, gare de Colombo.
08h22, ministere de la Defense.
Autres gardes, meduses de nous voir descendre du tuk-tuk, endosses nos enormes sacs et se diriger sur eux avec conviction.
Question identique: que faites vous ici?
Mot de passe: autorisation pour Jaffna.
08h40, permission en poche, nous sommes hebetees du bon deroulement des operations.
09h15, nous sommes installees dans le train pour Vavunya, direction le grand nord.
19h10: Vavunya de nuit. Nous sommes les seules a descendre de ce train.
Changement d'ambiance.
Des policiers partout. Un sens de circulation dans la gare impose par des couloirs. Acces strictement surveille. Clotures de fortune, materialisees par de simples cordes. Concentration de la foule devant la gare.
Nous sommes des betes curieuses.
Hotel face a la gare, glauque et puant. Derniere chambre, on prend.
Encore incredules, nous sortons notre laisser passer magique.
Demain, nous serons a Jaffna.
Et la, consternation.
Soucieuses de ne verifier que l'exactitude de nos noms et de nos numeros de passeports, nous prenons seulement connaissance du contenu en lui-meme.
Nous sommes effectivement autorisees a nous rendre a Jaffna....mais par avion depuis Colombo!!!!
Nous appelons Bavani. Confirmation de l'impossibilite de se rendre a Jaffna par la route, pour cause de post nettoyage ethnique...
Notre point de rencontre tombe egalement en desuetude. Un contretemps de Bavani l'oblige a se rendre chez Srilatha, pres de Ratnapura. L'amie rencontree lors de l'ascencion du Sri Pada.
Elle nous propose le plus naturellement du monde de la rejoindre.
Ce qui sous-entend un trajet en sens inverse des le lendemain aux aurores!!!
Quelques minutes de desolation, conscientes du ridicule de la situation!
Puis, tres vite, fous-rires.
Si nous n'allons pas a Jaffna,Jaffna viendra a nous.
Retrouver cet endroit magique qu'est Pallabaddala.
Puis, on en profitera pour aller travailler dans les plantations de the, come nous le desirions. Relativite.
Srilatha, la maison du bonheur. Retrouvailles avec Bavani et son cortegede sourires, dodelinant de la tete...
On se retrouve....pour douze heures!!
En route pour la visite d'une plantation de the. Jardins en espaliers, comme paysages unique dans cette region aux verts multiples.
Le patron nous recoit avec bienveillance.
Etonnement cache en sourire comprehensif quand il nous annonce la necessite d'avoir une autorisation de Colombo pour visiter une fabrique de thes!!! Deux jours de delai! Decidement!
Inutiles pour nous de parler de notre desir de travailler ici...
Jardins de the, serre magique.
Et le travail ardu des cueilleurs.
Attroupement de ceux-ci autour de l'appareil photo, veritable revelation...
Peau sombre et dents rouges de betel, front orne de point d'or, signe des hindouistes. Tous les travailleurs sont tamouls donc hindouistes.
Betel aux levres, sourires ravageurs tout autant que ravages...
Un sac en toile de jute de pres de 26 kilos avec comme seule attache une bandouliere maintenue par le front...
Lecons de choses et de vie.
Nous voila donc a Ratnapura. Depart pour le sud de la ville. Avec l'exploration tant attendue d'une des dernieres forets tropicales humides sur cette planete. Patrimoine de l'Unesco, c'est dire....
Attention taux d'humidite:87%
5 000 mm de precipitations par an. En gros, il pleut continuellement!
45 especes de reptiles recensees. Sans parler des autres animaux....
Et ce lieu mysterieux est le berceau des foyers nombreux de sangsues!!!
Attention, joyau de l'humanite dont nous ouvrirons pour vous l'ecrin lors d'un prochain acces internet. Moins regulier d'ailleurs dans cette region montagneuse que nous allons silloner pour ces dernieres semaines au Sri Lanka.
A condition que nous n'ayons pas besoin d'autorisation pour penetrer dans ce sanctuaire!!!
jeudi 14 janvier 2010
Tronches de vies...
Notre quotidien embrume de chaleur, de ciel bleu et ses habitants.
- Les varans, tongs aux pieds, trop grandes pour eux:demarche d'enfants en chaussures d'adultes.
- Les mudurua (moustiques):envie de meurtre.
- Les bouddhistes: plus tres catholiques...
- Gold Leaf: les seules cigarettes sans tabac.
- La Lion Beer: pour rugir de degout.
- Des eglises uniques au monde: ventilateurs au plafond et sur les bancs.
- Les 1 000 pattes qu'on appelle ici les 100 pattes, car ils ne comtent que 999 pattes...
- Le coq a toute heure et en plus y z'en bouffent pas les cons.
- Le the, a toute heure.
- Le marchand de glaces et sa musique, omnipresence: fondu le mec!
- Les fleurs par milliers et pourtant c'est pas la saison...
- Les echoppes ou pluto e-shop, tu trouves de tout comme sur internet.
- L'encens bon.
- Le riz et curry.
- Le balai, sport national et surtout matinal.
- Le parapluie=parasol.
- Les araignees au sol et les geckos au plafond.
- Les touristes brillant par leur absence.
Petit bestiaire non exhaustif....
Un hommage aux derniers animaux que nous ayons rencontre, le hasard faisant a nouveau bien les choses. Philippe et Rohitha.
Le contexte? Nous sommes dans le restaurant de Rohitha que nous ne connaissons encore pas, evidemment. Petite bouffe savoureuse. Lui de nous dire qu'il a un ami francais qui vient au Sri Lanka depuis vingt ans. Et, la Philippe se pointe, demarche et physique a la Pierre Richard a un point que c'en est troublant.
Approche sympathique.
Lui de nous raconter son amour de ce pays.
De decrire l'horreur du tsunami de 2004 aussi.
Sa colere face a l'absence d'ONG a ce moment la.
Et ses reactions immediates. Subvenir a l'urgence de ceux qui n'ont plus rien. Depasser sa propre douleur aussi, la perte de Juliette, sa petite fille.
Le hasard encore: 45 minutes apres le raz de maree, sa rencontre avec une journaliste de LCI, en vacances. Une interview en direct de ce rescape du tsunami. L'effet boule de neige, une fois le retour en France. Les teles, les radios, zombiesque...
Profiter de cette mediatisation pour venir en aide aux Sri Lanakais. L'ecriture d'un bouquin en quelques mois au Sri Lanka parallelement aux taches de travail sur le terrain. "Les larmes de Ceylan" permettent a la douleur de s'ecouler et le don de soi pour autrui.
Et Rohitha , superbe phenomene aussi. Un monstre de muscles et de travail, rares dans le pays! D'une droiture remarquable, l'intelligence a fleur de peau, un humour devastateur. Rohitha, nous degottant un improbable petit dej; guide serviable de ce pays; un bonbon a la reglisse enveloppe dans une moustiquaire rose, se laissant bercer par ces mots francais qu'il aime par dessus tout.
Impossible pour nous de decrire les moments de complicite qui vont nous reunir tous les quatre pendant ces quelques jours a Tangalle.
Une rencontre aux ondes douces et similaires.
Amitie, je pense, indeffectible, du genre de Bavani. Gentlemans au grand coeur. Merci.
Serviteurs dans Colombo, siderante et affolante. Visa renouvelle, decouverte de lieux de faste de l'epoque coloniale. Pas l'impression d'etre dans la capitale.
Nous voila a Negombo apres l'avoir quitte il y a un mois jour pour jour.
Repos d'un jour pour mieux repartir, le nord, contree inconnue de tous....
A plus tard sous des cieux favorables aux connections internet!
- Les varans, tongs aux pieds, trop grandes pour eux:demarche d'enfants en chaussures d'adultes.
- Les mudurua (moustiques):envie de meurtre.
- Les bouddhistes: plus tres catholiques...
- Gold Leaf: les seules cigarettes sans tabac.
- La Lion Beer: pour rugir de degout.
- Des eglises uniques au monde: ventilateurs au plafond et sur les bancs.
- Les 1 000 pattes qu'on appelle ici les 100 pattes, car ils ne comtent que 999 pattes...
- Le coq a toute heure et en plus y z'en bouffent pas les cons.
- Le the, a toute heure.
- Le marchand de glaces et sa musique, omnipresence: fondu le mec!
- Les fleurs par milliers et pourtant c'est pas la saison...
- Les echoppes ou pluto e-shop, tu trouves de tout comme sur internet.
- L'encens bon.
- Le riz et curry.
- Le balai, sport national et surtout matinal.
- Le parapluie=parasol.
- Les araignees au sol et les geckos au plafond.
- Les touristes brillant par leur absence.
Petit bestiaire non exhaustif....
Un hommage aux derniers animaux que nous ayons rencontre, le hasard faisant a nouveau bien les choses. Philippe et Rohitha.
Le contexte? Nous sommes dans le restaurant de Rohitha que nous ne connaissons encore pas, evidemment. Petite bouffe savoureuse. Lui de nous dire qu'il a un ami francais qui vient au Sri Lanka depuis vingt ans. Et, la Philippe se pointe, demarche et physique a la Pierre Richard a un point que c'en est troublant.
Approche sympathique.
Lui de nous raconter son amour de ce pays.
De decrire l'horreur du tsunami de 2004 aussi.
Sa colere face a l'absence d'ONG a ce moment la.
Et ses reactions immediates. Subvenir a l'urgence de ceux qui n'ont plus rien. Depasser sa propre douleur aussi, la perte de Juliette, sa petite fille.
Le hasard encore: 45 minutes apres le raz de maree, sa rencontre avec une journaliste de LCI, en vacances. Une interview en direct de ce rescape du tsunami. L'effet boule de neige, une fois le retour en France. Les teles, les radios, zombiesque...
Profiter de cette mediatisation pour venir en aide aux Sri Lanakais. L'ecriture d'un bouquin en quelques mois au Sri Lanka parallelement aux taches de travail sur le terrain. "Les larmes de Ceylan" permettent a la douleur de s'ecouler et le don de soi pour autrui.
Et Rohitha , superbe phenomene aussi. Un monstre de muscles et de travail, rares dans le pays! D'une droiture remarquable, l'intelligence a fleur de peau, un humour devastateur. Rohitha, nous degottant un improbable petit dej; guide serviable de ce pays; un bonbon a la reglisse enveloppe dans une moustiquaire rose, se laissant bercer par ces mots francais qu'il aime par dessus tout.
Impossible pour nous de decrire les moments de complicite qui vont nous reunir tous les quatre pendant ces quelques jours a Tangalle.
Une rencontre aux ondes douces et similaires.
Amitie, je pense, indeffectible, du genre de Bavani. Gentlemans au grand coeur. Merci.
Serviteurs dans Colombo, siderante et affolante. Visa renouvelle, decouverte de lieux de faste de l'epoque coloniale. Pas l'impression d'etre dans la capitale.
Nous voila a Negombo apres l'avoir quitte il y a un mois jour pour jour.
Repos d'un jour pour mieux repartir, le nord, contree inconnue de tous....
A plus tard sous des cieux favorables aux connections internet!
dimanche 10 janvier 2010
Nous tricotons les mailles du temps:Galle, ville fortifiee, trace du passage des Hollandais et des Portuguais.
L'architecture s'en ressent.
Bastions mugissants aux vents de l'ocean. Dedales de ruelles surprenantes. Facades bigarrees, ocre, rose, blanc se melent et se demelent selon les lumieres.
Ville protegee par l'Unesco et pourtant terriblement vivante. Des tribunaux, des bureaux et echoppes.
Et la vie de la rue surtout. Ces femmes, echassiers d'elegance et de grace, enrobees de l'ombre de leurs parapluies. Des gamins partout, jouant au cricket, sport national.
Et la mixite des religions de ce pays en parfaite harmonie. L'appel a la priere de la mosquee resonne dans les cloches de l'eglise d'a cote et plus loin temples hindous et dagobas bouddhistes... Cohesion douce et indolente.
Quelques jours passes dans ce lieu de quietude.
Avant le depart pour Colombo, capitale folle et folle.
De la, nous rejoindrons Jaffna, au nord pour y retrouver Bavani. Ce territoire est fraichement ouvert: meme les Sri Lankais ne connaissent pas cette region accessible depuis 15 jours a peine. Tout ca pour dire qu'il n'y a aucune infrastructure ou peu. Donc, moins de message probablement, mais pas d'inquietude, nous sommes entre de bonnes mains.
vendredi 8 janvier 2010
samedi 2 janvier 2010
Tangalle
Vendredi 01 Janvier 2010
Changement de decor.
En deux heures a peine, nous quittons collines humides et lacs nombreux, traversons des paysages de savane et de marecages, pour arriver sur la cote sud de l'ile: Tangalle.
Carte postale, nous voila les pieds dans l'eau. Sable blanc et fin. Plages incroyablement desertes.
Farniente, roulis-rouleaux. Mouvement incessant et alienant de l'ocean indien, particulierement houleux.
Rencontre de Shalika, p'tit gars de 18 ans qui scrute l'horizon, attendant le retour de son pere. De la peche de celui-ci depend son lendemain. Si peche, alors argent, alors possibilite de payer le mois d'ecole a venir...
Traumatisme du tsunami de 2004 si violent encore. Comment l'eau s'est retiree d'un kilometre pour ensuite briser des milliers de destins. Tout le monde ici porte le deuil d'un proche disparu.
Constater l'etendue des degats:consternation. Maisons totalement balayees, jamais reconstruites. Faute d'argent ou cause de trop de souffrance.
Impuissane face a la mer. Aucun esprit de colere pourtant vis a vis d'elle: mer nourriciere.
Nous passons notre temps a ne rien faire, premier vrai repos depuis notre arrivee.
Discussions. Bouquinage. Sieste.
Contemplation.
Le ballet des pecheurs en catamaran et le long filet qu'ils offrent a la mer. Avant de retirer celui-ci, febrilement. Longue epreuve, a laquelle nous participons. Gestes rodes et precis pour ces pecheurs aux petits poissons a une roupie. (160 roupies=1 euro)
Baisers telepathes a vous. Et evidemment de vous souhaiter bien etre et sante a tous.
Changement de decor.
En deux heures a peine, nous quittons collines humides et lacs nombreux, traversons des paysages de savane et de marecages, pour arriver sur la cote sud de l'ile: Tangalle.
Carte postale, nous voila les pieds dans l'eau. Sable blanc et fin. Plages incroyablement desertes.
Farniente, roulis-rouleaux. Mouvement incessant et alienant de l'ocean indien, particulierement houleux.
Rencontre de Shalika, p'tit gars de 18 ans qui scrute l'horizon, attendant le retour de son pere. De la peche de celui-ci depend son lendemain. Si peche, alors argent, alors possibilite de payer le mois d'ecole a venir...
Traumatisme du tsunami de 2004 si violent encore. Comment l'eau s'est retiree d'un kilometre pour ensuite briser des milliers de destins. Tout le monde ici porte le deuil d'un proche disparu.
Constater l'etendue des degats:consternation. Maisons totalement balayees, jamais reconstruites. Faute d'argent ou cause de trop de souffrance.
Impuissane face a la mer. Aucun esprit de colere pourtant vis a vis d'elle: mer nourriciere.
Nous passons notre temps a ne rien faire, premier vrai repos depuis notre arrivee.
Discussions. Bouquinage. Sieste.
Contemplation.
Le ballet des pecheurs en catamaran et le long filet qu'ils offrent a la mer. Avant de retirer celui-ci, febrilement. Longue epreuve, a laquelle nous participons. Gestes rodes et precis pour ces pecheurs aux petits poissons a une roupie. (160 roupies=1 euro)
Baisers telepathes a vous. Et evidemment de vous souhaiter bien etre et sante a tous.
Kataragama.
31 decembre 2009,
Aujourd'hui est un grand jour pour les bouddhistes. Jour de pleine Lune, poya day.
Une des quatre grandes fetes religieuses du pays. Journee ou les precepts de Bouddha sont plus encore appliques.
Nous nous rendons a un premier temple.
Pieds nus, nous nous approchons timidement de l'autel.
Des fideles, habilles tout de blancs, priant face a Bouddha. La presence d'un ami srilankais detend les pelerins. Une vieille femme vient a nous, nous presentant ses batonnets d'encens. Nous comprenons devoir nous purifier les mains. Puis nous tend une plateau de fleurs ou nous deposons nos mains. De la meme mainiere avec une corbeille de fruits, offrandes a effleurer. Nous joignons nos mais dans un geste de priere.
Puis, un autre lieu saint. Temple entoure d'eau tumultueuse. Superbe.
Autant l'ambiance dans le temple meme est pieuse, autant la vie deborde aux alentours.
Un attroupement en bord de riviere attire notre attention. Foule nourrissant un banc de poissons dores. Les animaux sont plus que jamais respectes en ce jour. Vision onirique et cynetique. Des centaines de poissons a la surface, gobant des pop-corn. Images incroyables.
Puis, nous visitons chaque 'chapelle' dediee aux innombrables dieux et deesses. Image kitsch a souhait, couleurs rococo, guirlande de lumiere.
Nos premiers pas dans un stuppa aussi. On comprend enfin le fondement de cette forme architecturale. En cloche, l'interieur n'est que resonnance. Echo.
Scene superbe de sens: des gens tenant une noix de coco enflammee entre leurs mains. Concentres, interieurs. Puis la brisant soudainement et violemment contre une pierre apres un long moment de recueillement. Briser son ego.
Puis, nous echappons a la foule qui se fait plus nombreuse.
Soudain, c'est le calme.
Le lac et ses habitants. Oiseaux multiples et varies. Paons sauvages a quelques metres de nous. Moment de felicite. Un croco sous les eaux.
Lac, eau sacree. Le village vient s'y laver, nettoyer sa moto, ses fringues... Tranches de vies...
Repos bienvenu l'apres-midi.
Deambulations dans les rues animees du centre ce soir de fete.
Enormes gateaux, magasins de jouets, nourriture a profusion. Couleurs. Odeurs
Aujourd'hui est un grand jour pour les bouddhistes. Jour de pleine Lune, poya day.
Une des quatre grandes fetes religieuses du pays. Journee ou les precepts de Bouddha sont plus encore appliques.
Nous nous rendons a un premier temple.
Pieds nus, nous nous approchons timidement de l'autel.
Des fideles, habilles tout de blancs, priant face a Bouddha. La presence d'un ami srilankais detend les pelerins. Une vieille femme vient a nous, nous presentant ses batonnets d'encens. Nous comprenons devoir nous purifier les mains. Puis nous tend une plateau de fleurs ou nous deposons nos mains. De la meme mainiere avec une corbeille de fruits, offrandes a effleurer. Nous joignons nos mais dans un geste de priere.
Puis, un autre lieu saint. Temple entoure d'eau tumultueuse. Superbe.
Autant l'ambiance dans le temple meme est pieuse, autant la vie deborde aux alentours.
Un attroupement en bord de riviere attire notre attention. Foule nourrissant un banc de poissons dores. Les animaux sont plus que jamais respectes en ce jour. Vision onirique et cynetique. Des centaines de poissons a la surface, gobant des pop-corn. Images incroyables.
Puis, nous visitons chaque 'chapelle' dediee aux innombrables dieux et deesses. Image kitsch a souhait, couleurs rococo, guirlande de lumiere.
Nos premiers pas dans un stuppa aussi. On comprend enfin le fondement de cette forme architecturale. En cloche, l'interieur n'est que resonnance. Echo.
Scene superbe de sens: des gens tenant une noix de coco enflammee entre leurs mains. Concentres, interieurs. Puis la brisant soudainement et violemment contre une pierre apres un long moment de recueillement. Briser son ego.
Puis, nous echappons a la foule qui se fait plus nombreuse.
Soudain, c'est le calme.
Le lac et ses habitants. Oiseaux multiples et varies. Paons sauvages a quelques metres de nous. Moment de felicite. Un croco sous les eaux.
Lac, eau sacree. Le village vient s'y laver, nettoyer sa moto, ses fringues... Tranches de vies...
Repos bienvenu l'apres-midi.
Deambulations dans les rues animees du centre ce soir de fete.
Enormes gateaux, magasins de jouets, nourriture a profusion. Couleurs. Odeurs
vendredi 1 janvier 2010
Sri Pada
Nous quittons donc Dambulla, accompagnee de Bavani. 07 heures de bus assez epiques tres vite oubliees grace a l'accueil d'une famille. Srilatha, amie de Bavani nous concocte le plat traditionnel:riz, dahl et moult legumes. Raffine et epice, un delice.
La nuit tombe, les pelerins passent en partance ou sur le retour, mais tous illumines...
Le Sri Pada est en effet le lieu de pelerinage que chaque bouddhiste se doit d'emprunter une fois dans sa vie.
Minuit, nous rejoignons nos chambrees. Quelques petites heures de sommeil avant l'aventure.
05h30, 26 decembre 2009. Un the et c'est le grand depart.
Srilatha et son fils de 11 ans nous accompagnent.
Premiere marche d'une longue serie. Premiere sangsue aussi.
Le jour se leve sur un panorama d'exception:mer de nuages et collines de l'homme qui dort...
Premieres rencontres avec les pelerins qui redescendent. Un choc.
Enfants, vieillards soutenus par leurs proches, corps meurtris sans que rien ne transparaisse sur leurs visages. Seule la joie visible, proche de la transe.
Sandales au pied, sac plastique comme unique bagage.
Des sourires, des chants.
Bouleversees par ces rencontres.
Nous sommes les seuls blancs sur ce chemin, repute long et difficile.
Les 5800 premieres marches (!) sont tout a fait regulieres et praticables.
Pauses frequentes pour boire un the dans une des nombreuses echoppes.
Premier repas, il est 13h.
Puis vient le chemin non rehabilite du Sri Pada. Blocs de pierre:passage improbable dans une nature somptueuse. La vie sauvage et ses habitants.
Profiter de chaque instant. Se sentir vivant, marche apres marche.
Le vide se cree, la plenitude s'installe.
Toujours ces regards et ces sourires a jamais graves.
Le Sri Pada s'offre a nos yeux au loin.
Lentement, nous gravissons et les marches et dans l'humanite.
Entraide, les mains se tendent, les remedes s'echangent.
Donner de la nourriture a ceux qui n'en ont pas. Recevoir des sourires, des lecons d'enfants de deux ou trois ans, impassibles a la souffrance (!)
Le Sri Pada si loin si proche, ca n'en finit pas...
Montee vertigineuse jusqu'au sommet (2500m d'altitude)
La nuit tombe. Difficile ascencion.
17h30, pour la premier fois nous marchons sans avoir aucune marche a gravir, apres 12 heures d'effort.
Ambiance surrealiste.
Froid et brouillard. Foi indescriptible.
Bavani nous intronise a la benediction du lieu. On sonne la cloche, une fois en guise de notre premiere venue.
Nous installons notre couche dans un hall: couverture de survie a meme le sol.
La foule se fait plus importante.
Premier fou-rire: la fatigue et la joie forment un melange detonnant. Rire communicatif.
Vient le temps de dormir, mais comment dormir?
Des heures a observer les allees et venues. Des groupes qui s'installent sur une bache, partagent riz et the. L'euphorie de chacun. Les deboires physiques d'autres. Les papillons au plafond ennivres de lumiere. Le vent qui s'engouffre. La foule toujours plus nombreuse.
Proximite indescriptible.
02h du matin: cliche du camp de refugies.
La nuit s'ecoule dans une torpeur, melange de beatitude et d'epuisement.
05h30: debout pour assister au lever du jour.
On devance la foule dans la redescente.
Dimanche 27 decembre,
Apres l'elevation, la redescente.
Lentement toujours.
Un premier the.
Des pelerins de la nuit qui arrivent au sommet. Interrogation mutuelle du regard, tout va bien...
La febrilite du matin se dissipe.
Le soleil nous guide.
Onirique. Cimes des arbres nimbees d'une douce lumiere, aurores d'or caressant les montagnes. Ilots fantomatiques se baignant dans les nuages.
Bavani, superbe d'elegance, sari et chignon impeccables, baton de pelerin en guise d'unique jambe. Rien ne tranparait. Aucune douleur, aucune fatigue, ses pieds nus foulant ce chemin de croix.
Le Sri Pada nous apparait une derniere fois, clair et si mysterieux...
Vient le passage redoute: quelques milliers de marches de pierre.
Vigilance accrue. Plus aucun mot. Encore un moment d'interiorite, un long moment...
Nous franchissons les portes de l'enfer, bon signe.
Et la pluie qui tombe. Il pleut vraiment, comme il sait pleuvoir ici.
Nous decidons malgre tout de reprendre le chemin.
Bavani, un baton dans une main, un parapluie dans l'autre, comme si de rien n'etait.
Fous rires, extenuees, affamees, heureuses!
Premier repas depuis 24 heures!
Chaque instant plus vivantes encore. Et seules sur ce chemin du retour.
La nuit tombe. La pluie toujours. Ce qui sublime la brillance des feuilles, des arbres...
Les marches sont recouvertes d'eau:cascade tumultueuse, mais toujours aucune chute a deplorer...
Enfin, le debut du village. Quelques centaines de marches et nous y sommes.
Crampe aux zyggomatiques.
Bonheur de retrouver "notre" maison...
Images des yeux et du coeur a jamais en nous:
Les chants profonds des pelerins, a en pleurer...
Les enfants dans un etat second, si jeunes.
Les militaires, sacs de sable sur la tete, montant deux a deux ces marches qu'ils restaurent.
Le denuement total des gens.
Les gardiens du temple, au sommet, statues gelees dans des habits de fortune.
Le bruit de la foule entassee.
Cette jeune femme en plein delire de fievre.
L'odeur du Sidalepha omnipresente (baume)
Le partage d'une cigarette dans la nuit.
Cet homme en proie a des convulsions et son cri rauque dechirant la nuit.
Le partage de nos vetemets a cette vieille dame et cette jeune maman. Nous offrant en retour le peu de nourriture au'elles avaient.
La souffarnce. La dignite. Immense
La joie incommensurable.
Notions arithmetiques:
48 heures sur ce chemin de vie
dont, 24 heures de marches (et non pas de marche!)
2 heures de sommeil
2 repas
5 sangsues
plus de 20 000 marches!
(a un moment, on s'est quand meme arrete de compter)
Un merci tres particulier a Bavani, sans qui cette experience aurait ete toute autre. Et le reste de notre voyage aussi...
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