Nous respirons a grandes enjambées ces dernières fragrances cinghalaise dans un tuk-tuk qui nous mène a l'aéroport...
Lundi 11h30 nous nous présentons au guichet d'enregistrement des bagages.
Moment involontaire d'adrénaline qui afflue au visage et dans les orteils...
Trouble de l'hotesse, information de notre part que nous avons bel et bien l'indispensable autorisation pour embarquer...
Etonnement, course vers sa collègue pour lui montrer ce premier exemplaire de ladite permission!
Victoire, nous franchissons l'immigration, les douanes, nous sommes dans l'antichambre du septième ciel!
14h30, envol, heureuses...
18h10, New Delhi. Immigration titillée par nos passeports assermentés, surprise! Attente 15 heures dans un hall, a défaut de pouvoir rentrer dans l'aéroport, trop tôt pour ça...
Ambiance diffuse de décalages, de décollages... Des gens de partout en transit pour partout!
Aguerries à l'attente, ces 15 heures passent comme un avion dans les airs...
09h50, cette terre d'asile indienne devient floue perdues dans les nuages... Soleil au beau fixe, survol à pleurer des chaînes de montagnes Pakistan...
Retombée de la nervosité des jours passés ou décalage qui s'opère, nous pas comprendre ce qui se passe.... Coma cotonneux.
15h30, Munich. Nuit exotique.
Aujourd'hui, 13h24 quai d'une gare retrouvailles avec la France.
Doudoune, gants, bonnet, écharpe. Sensation du permafrost sous les pieds.
Remontée dans notre village de gaulois, voir la neige, sentir le froid. Mais sans l'intégrer vraiment.
Décalage.
Heureuses de ce voyage au Sri Lanka.
mercredi 10 février 2010
dimanche 7 février 2010
ABCDaire
A : Ayubowan. Bonjour. Aurevoir. Longue vie.
B : Bavani.
C : Cricket. Se joue ici comme on joue au foot. Marques de colonisation en forme de battes et de balles.
D : Destin. Concept tres repandu, et en meme temps pris tres legerement, puisque rien n'est permanent et qu'en plus ils aspirent a plusieurs vies.
E : Epice. Tres epice. Le feu du piment melange a la douceur de la cannelle et de la cardamone, saveur de coriandre dans le jaune du curcuma et le vert des feuilles de curry.
F : Ficus religiosa. Arbre sacre des bouddhistes, au pied de chaque temple, entoure de drapeaux de prieres, d'encens, de bougies et d'offrandes.
G : Gare, de bus. Lieu de vie trepidant et populaire, un concert de klaxons, une ode a l'anarchie. Refuge de mendiants et de vendeurs en tout genre.
Gare, de trains. Un arret temporel, machineries du siecle passe, poinconneur des lilas et autres vestiges d'un temps revolu.
H : Hoppers. Crepes en demi-sphere, specifiquement salee, uniquement relevee.
I : Incroyable biodiversite. Un si petit territoire offrant la beaute statique de la savane, le territoire impenetrable de la jungle, l'aridite des plaines a perte de vue, l'humidite surprenante des forets tropicales. Habitats naturels et preserves qui permettent a des centaines d'especes d'animaux, pour la plupart endemiques, de coexister parfaitement. Crocodiles des marais, singes de tout poil, elephants sauvages, requins en tout genre, varans, iguanes, ecureuils, oiseaux de toutes les couleurs, chauve-souris d'un metre.... Tout ca magnifiant notre quotidien. Marco Polo decrivait le Sri Lanka comme un paradis sur terre; c'en est encore un...
J : Jaffna, inaccessible etoile...
K : Komode? Comment ca va?
L : Lassanai. Magnifique.
M : De la mer a la montagne, en quelques kilometres.
N : Non. N'existe pas ici. Sacro-sainte philosophie de ne pas perdre la face. Du coup, tout est possible et il n'y a jamais aucun probleme pour quoi que ce soit.
O : Oui. Notre non a nous. A savoir, dodelinement de la tete de gauche a droite.
P : Pappadam. Chips de galettes de riz, frites dans l'huile de coco.
Q : Toujours a ne pas se gratter avec la main droite, reservee aux actions pures.
R : Rice and curry. A chaque repas, du riz en quantite enorme et des bols de legumes comme des offrandes aux papilles et aux pupilles. Le dahl, lentilles cuites a l'eau, puis revenues dans du lait de coco. Des haricots, des oignons, tous les legumes de la terre... Le pol sambol, noix de coco rapee avec piments. Raffinement en forme de lamelles extra fines. Saveurs inennarrables des epices et herbes aromatiques, le tout dose et releve a la perfection... Art culinaire qui se passe de couverts, seule la main droite permet d'apprecier pleinement les gouts. Les fourchettes sont une offense a leur cuisine et d'autre part rien de plus sale a leurs yeux que de manger avec les couverts des autres. Voila deux mois que nous mangeons donc a la sri lankaise...
S : Sri Pada. Montagne sacree devenue egalement mythique a nos yeux.
T : Tata. Marque de tous les bus ici. Avec ou sans siege, toujours a la corde, avec ou sans vitre, parfois neuf, souvent rouilles. Toujours un regal de vie, d'authenticite. Tata signifie aussi papa. Attention, tat va doubler!
U : Unique. Comme voyage unique.
V : Vagues. Mortelles du tsunami de 2004. 20 minutes d'enfer un 26 decembre a 09h00..
W : Where are you going ( ou allez-vous?) Phrase preferee des rabatteurs.
What to do? Phrase employee quand on a rien d'autre a faire.
X : x victimes de trente ans de guerre cinghalo-tamoule sur fond de sequelles de colonisation...
Y : Yalua. Amis, rencontres au hasard des chemins...
Z : Ze reviendrai.....
B : Bavani.
C : Cricket. Se joue ici comme on joue au foot. Marques de colonisation en forme de battes et de balles.
D : Destin. Concept tres repandu, et en meme temps pris tres legerement, puisque rien n'est permanent et qu'en plus ils aspirent a plusieurs vies.
E : Epice. Tres epice. Le feu du piment melange a la douceur de la cannelle et de la cardamone, saveur de coriandre dans le jaune du curcuma et le vert des feuilles de curry.
F : Ficus religiosa. Arbre sacre des bouddhistes, au pied de chaque temple, entoure de drapeaux de prieres, d'encens, de bougies et d'offrandes.
G : Gare, de bus. Lieu de vie trepidant et populaire, un concert de klaxons, une ode a l'anarchie. Refuge de mendiants et de vendeurs en tout genre.
Gare, de trains. Un arret temporel, machineries du siecle passe, poinconneur des lilas et autres vestiges d'un temps revolu.
H : Hoppers. Crepes en demi-sphere, specifiquement salee, uniquement relevee.
I : Incroyable biodiversite. Un si petit territoire offrant la beaute statique de la savane, le territoire impenetrable de la jungle, l'aridite des plaines a perte de vue, l'humidite surprenante des forets tropicales. Habitats naturels et preserves qui permettent a des centaines d'especes d'animaux, pour la plupart endemiques, de coexister parfaitement. Crocodiles des marais, singes de tout poil, elephants sauvages, requins en tout genre, varans, iguanes, ecureuils, oiseaux de toutes les couleurs, chauve-souris d'un metre.... Tout ca magnifiant notre quotidien. Marco Polo decrivait le Sri Lanka comme un paradis sur terre; c'en est encore un...
J : Jaffna, inaccessible etoile...
K : Komode? Comment ca va?
L : Lassanai. Magnifique.
M : De la mer a la montagne, en quelques kilometres.
N : Non. N'existe pas ici. Sacro-sainte philosophie de ne pas perdre la face. Du coup, tout est possible et il n'y a jamais aucun probleme pour quoi que ce soit.
O : Oui. Notre non a nous. A savoir, dodelinement de la tete de gauche a droite.
P : Pappadam. Chips de galettes de riz, frites dans l'huile de coco.
Q : Toujours a ne pas se gratter avec la main droite, reservee aux actions pures.
R : Rice and curry. A chaque repas, du riz en quantite enorme et des bols de legumes comme des offrandes aux papilles et aux pupilles. Le dahl, lentilles cuites a l'eau, puis revenues dans du lait de coco. Des haricots, des oignons, tous les legumes de la terre... Le pol sambol, noix de coco rapee avec piments. Raffinement en forme de lamelles extra fines. Saveurs inennarrables des epices et herbes aromatiques, le tout dose et releve a la perfection... Art culinaire qui se passe de couverts, seule la main droite permet d'apprecier pleinement les gouts. Les fourchettes sont une offense a leur cuisine et d'autre part rien de plus sale a leurs yeux que de manger avec les couverts des autres. Voila deux mois que nous mangeons donc a la sri lankaise...
S : Sri Pada. Montagne sacree devenue egalement mythique a nos yeux.
T : Tata. Marque de tous les bus ici. Avec ou sans siege, toujours a la corde, avec ou sans vitre, parfois neuf, souvent rouilles. Toujours un regal de vie, d'authenticite. Tata signifie aussi papa. Attention, tat va doubler!
U : Unique. Comme voyage unique.
V : Vagues. Mortelles du tsunami de 2004. 20 minutes d'enfer un 26 decembre a 09h00..
W : Where are you going ( ou allez-vous?) Phrase preferee des rabatteurs.
What to do? Phrase employee quand on a rien d'autre a faire.
X : x victimes de trente ans de guerre cinghalo-tamoule sur fond de sequelles de colonisation...
Y : Yalua. Amis, rencontres au hasard des chemins...
Z : Ze reviendrai.....
samedi 6 février 2010
L'aventure, la vraie!
Mercredi 04 fevrier 2010.
Apres un debut de matinee au marche aux poissons, vient l'heure d'aller faire un tour sur le net...
Et, la, message de Didier, homme fort sympathique que nous avons rencontre a Haputale.
Didier de nous raconter qu'apres un sejour d'un mois en Inde, il est donc venu au Sri Lanka pour quinze jours, avant de vouloir repartir pour l'Inde.
Sur le depart, on lui apprend que de nouvelles lois sont en vigueur pour les visas indiens.
Nos yeux devorent l'ecran. Quoi? Quelles lois?
Nous relisons l'ensemble du mail, chaque mot.
Depuis une semaine, le gouvernement indien a decide que toute re-entree sur leur sol doit se faire apres une periode de deux mois revolus de sortie du territoire.
On se regarde, incredules.
Didier est bloque a l'aeroport de Colombo, incapable de s'envoler pour l'Inde avant les fameux deux mois revolus!
Blemissement, estomac qui se retourne un petit coup.
Quelque peu crispees et sous le choc, nous nous rendons a l'aeroport pour de plus amples renseignements.
A quatre jours du vol, nous nous presentons, sans sac, aux departs pour les vols internationaux.
Le comptoir de la Sri Lankan. Nous expliquons notre cas, tendons nos billets, febriles.
" Oui, oui, c'est bon."
" Quoi?"
" C'est bon, vos vols sont confirmes!"
Incomprehension. Nous lui reexpliquons donc notre probleme.
Elle nous conseille de nous rendre a l'interieur de l'aeroport pour obtenir une reponse fiable....
Nous nous dirigeons vers l'entree, avec l'espoir que tout ceci ne soit qu'un quiproquo, un reve mauvais...
Nous passons tous les points de controle, evidemment.
Et les suspicions des militaire: " Ou sont vos bagages?"
Nous voila au comptoir d'embarquement. Surrealiste.
Une lumiere peut-etre au bout du tunnel.
Nous reexposons notre cas aux levres rouges sur dents eclatantes en face de nous.
Passeports, type de visas, compagnies aeriennes, tout est verifie.
Ses yeux se relevent sur nous, en meme temps que le couperet tombe sur nos nuques.
" Non. Vous ne pourrez pas embarquer"
" Mais, pourquoi? C'est juste un transit de quelques heures."
" A cause de votre visa a entrees multiples"
Les indiens, sur les dents avec les menaces terroristes, limitent tout acces repete sur leur sol.
Bref, avec un visa valable jusqu'en mai 2010, nous ne pouvons aller en Inde!
Gros moment d'abattement...
Besoin de reentendre la sentence, tellement impensable.
" Nous ne pourrons donc pas embarquer ce lundi?"
" Non "
" Mais que faire? "
" Il vous faut attendre la periode des deux mois, soit a partir du 14 fevrier. Et changer vos dates de vols."
Cauchemar.
Nous rejoignons la sortie a contre-courant, au milieu de la foule a sens unique.
Dehors, ca plombe.
On s'assied, attendant notre tuk-tuk, la tete entre les mains.
Sitauation absurde.
Nous avons les billets d'avion, les visas necessaires, nous ne resterons que 15 heures en Inde et encore dans l'aeroport! Mais, nous ne pouvons pas embarquer...
Colere face a cette absurde injustice...
Et puis, tres vite du stress qui ravage la tete et qui permet de rebondir.
Il nous faut changer les dates du vol Colombo-Delhi pour le 14 fevrier.
Puis, trouver une correspondance avec la Lufthansa jusqu'a Munich.
Annuler la nuitee a Munich avant qu'elle ne soit debitee de nos comptes.
Decaler le train de Munich a Montbeliard...
Prevenir les filles quant a la garde de la chienne; elles doivent se rendre au Maroc au 17 fevrier.
Telephoner a nos familles pour annoncer la nouvelle...
Le chauffeur nous propose son aide. Nous emmener dans une agence de la Sri Lankan pour changer le vol.
En esperant que ce soit ouvert.
Ah, oui! Cerise sur le gateau, aujourd'hui est un jour ferie: journee de l'independance.
On trouve le moyen de rire de ces concours de circonstances completement fous!
Nous revoila a Negombo.
Agence de voyage qui n'a d'evasion que le nom, mais ouverte!
Nous exposons la sitauation au jeune homme, surpris d'avoir des clients et parlant anglais comme nous parlons cinghalais: limite!
Il nous annonce qu'il n'est pas en mesure de changer notre vol qui n'est pas reference dans son ordinateur!
Deuxieme chance: une autre agence, plus loin sur la route de l'aeroport.
Pas de chance, fermee!
Decidant que cette journee a ete suffisament chargee en rebondissements, nous rentrons a la guesthouse.
Desoeuvrees, desabusees.
Nous prenons l'option de ne faire aucune autre demarche avant le lendemain.
Soiree de torpeur, a se poser sans fin les memes questions.
A se dire que cette histoire est un non-sens.
Un tour sur internet histoire de se changer la tete.
La, un nouveau message de Didier.
Nous communiquant les demarches qu'il a engage pour rejoindre l'Inde, coute que coute.
Sa visite a l'ambassade d'Inde a Colombo. L'attente. Les formulaires a remplir. Les 10 dollars de paiement avant meme toute reponse a l'autorisation demandee. Le jeanfoutisme macule de lenteur.
Le refus categorique a sa requete et sans explication.
Sa colere.
Nous rejoignons notre lit. Stress.
Mais, decidees a tenter tout ce qui est possible pour partir a la date prevue.
Demain, nous nous rendrons a Colombo.
Nuit agitee, il va sans dire...
Vendredi 05 fevrier 2010:
06h50, deux mines deconfites et sans espoir au milieu de la foule.
08h20, capitale en vue. Immersion dans le bruit et la fureur de la circulation.
Le temple de nos attentes est la, devant nous.
Acces surveille, fouille au corps.
Febriles, nous nous dirigeons vers un des guichets de doleance. Expliquons a nouveau la teneur de nos problemes.
" Aucun probleme. Si vous restez dans l'aeroport de Dlhi, vous pouvez embarquer a Colombo"
Nous reiterons la question, rodees a la philosophie cinghalaise du "pas probleme".
Reponse sans attente. Non, en effet, c'est impossible.
" Mais, vous pouvez vous rendre a l'autre delegation de l'ambassade pour essayer d'obtenir l'autorisation de re-entree sur le territoire"
Mains qui tremblent.
09h00: une quinzaine de personnes attendant deja l'ouverture de ladite ambassade.
Nous sommes medusees d'etre la.
Les minutes passent.
Les gens affluent. C'est une bataille que de conserver sa place devant la porte de l'espoir.
9h15, le soleil cogne fortement nos tetes et nos nuques.
Corps a corps qui renforce l'impressionde chaleur.
09h20: qu'est-ce qu'ils foutent? La porte demeure close...
Les gens se pressent un peu plus, persuades que leur cas est plus urgent que celui du voisin...
09h30: la porte s'entrebaille a demi. Ruee de corps. Inutile. C'est un goutte a goutte: deux personnes a la fois.
Vient notre tour.
Un premier bureau, fouille au corps, detection du sac, portique des aeroports.
Depot des cigarettes, feu, couteau.
Acces a la salle des demandes.
Ambiance climatisee, fauteuils d'attente.
Une vitre sur un comptoir qui nous separe des fonctionnaires qui commencent leurs journees de travail...par une tasse de the!
C'est a nous de nous adresser a cet homme au ton sec et au regard penche sur d'autres affaires.
Nous tend un formulaire a chacune.
Sur un ecritoire, nous avouons notre reve le plus fou : rejoindre notre pays avec un transit a New Delhi....
Formulaire dument rempli, nous attendons patiemment que notre tour revienne!
Soumises, nous tendons nos formulaires au meme homme, plus sec encore.
10h30: les des sont jettes.
Guichet suivant pour le paiement.
Reponse a 16h30.
Nous rejoignons la jungle de la rue.
Etourdies par l'ingongruite de la situation.
On se refugie sous notre parapluie-parasol et arpentons cette avenue-pieuvre de bord de mer. En quete d'un restaurant, histoire de se couper du bruit et de calmer corps et esprits en surchauffe.
L'apres-midi sera longue.
Nous oscillons entre franche persuasion d'obtenir cette autorisation et doute profond quant a la logique de leurs decisions...
Etrangement, nous sommes clames malgre les evenements.
Poutant rien de pire que cette cite pour nous, ce soleil de plomb qui enrobe cette journee administrative.
Le temps met fin a notre errance...
16h00, nous foulons a nouveau le sol diplomatique indien...
Memes procedures d'entree. Meme attente.
Une demie-heure nous separe de la decision.
Dans l'arene, des fonctionnaires silencieux, aux gestes lents. Danse de la mollesse sur nos nerfs aiguises.
16h30: le responsable du secteur arrive avec des piles incroyables de passeports.
Ruee sur le guichet.
Seule reponse autorisee: " Asseyez-vous. Attendez."
16h45, la tension monte. La recuperation despasseports est censee se clore a 17h15.
17h00, toujours rien.
Nos entrailles sont liquides, nos cerveaux en bouillie. Fous-rires nerveux.
17h15, les premieres reponses sont delivrees aux premiers venus.
Nous sommes les suivantes.
Le responsable nous designe du doigt. On se leve. Notre destin en bout de course.
Lui de titiller encore notre patience, cherchant nos passeports. Nous les tendant sans un mot.
Nous, d'ouvrir nos documents magiques ou maudits.
Delivrance!
Tampon nous autorisant a nous rendre en Inde.
Nous relisons a deux fois cette permission, histoire de decortiquer chaque mot, en anglais.
Incredules encore, nous lui demandons " Ok pour embarquer?"
" Ok"
Nos talons se tournent. Nous devalons en riant l'escalier de sortie.
Nous sommes libres de quitter le Sri Lanka, libres de faire un transit par l'Inde...
Liberees!
Dans le train qui nous ramene a Negombo, nous jouons avec l'idee du destin.
Et si nous n'avions pas rencontre Didier?
On serait alle a l'aeroport ce lundi, a se faire refouler sans pouvoir faire quoi que ce soit....
Destin?!
Apres un debut de matinee au marche aux poissons, vient l'heure d'aller faire un tour sur le net...
Et, la, message de Didier, homme fort sympathique que nous avons rencontre a Haputale.
Didier de nous raconter qu'apres un sejour d'un mois en Inde, il est donc venu au Sri Lanka pour quinze jours, avant de vouloir repartir pour l'Inde.
Sur le depart, on lui apprend que de nouvelles lois sont en vigueur pour les visas indiens.
Nos yeux devorent l'ecran. Quoi? Quelles lois?
Nous relisons l'ensemble du mail, chaque mot.
Depuis une semaine, le gouvernement indien a decide que toute re-entree sur leur sol doit se faire apres une periode de deux mois revolus de sortie du territoire.
On se regarde, incredules.
Didier est bloque a l'aeroport de Colombo, incapable de s'envoler pour l'Inde avant les fameux deux mois revolus!
Blemissement, estomac qui se retourne un petit coup.
Quelque peu crispees et sous le choc, nous nous rendons a l'aeroport pour de plus amples renseignements.
A quatre jours du vol, nous nous presentons, sans sac, aux departs pour les vols internationaux.
Le comptoir de la Sri Lankan. Nous expliquons notre cas, tendons nos billets, febriles.
" Oui, oui, c'est bon."
" Quoi?"
" C'est bon, vos vols sont confirmes!"
Incomprehension. Nous lui reexpliquons donc notre probleme.
Elle nous conseille de nous rendre a l'interieur de l'aeroport pour obtenir une reponse fiable....
Nous nous dirigeons vers l'entree, avec l'espoir que tout ceci ne soit qu'un quiproquo, un reve mauvais...
Nous passons tous les points de controle, evidemment.
Et les suspicions des militaire: " Ou sont vos bagages?"
Nous voila au comptoir d'embarquement. Surrealiste.
Une lumiere peut-etre au bout du tunnel.
Nous reexposons notre cas aux levres rouges sur dents eclatantes en face de nous.
Passeports, type de visas, compagnies aeriennes, tout est verifie.
Ses yeux se relevent sur nous, en meme temps que le couperet tombe sur nos nuques.
" Non. Vous ne pourrez pas embarquer"
" Mais, pourquoi? C'est juste un transit de quelques heures."
" A cause de votre visa a entrees multiples"
Les indiens, sur les dents avec les menaces terroristes, limitent tout acces repete sur leur sol.
Bref, avec un visa valable jusqu'en mai 2010, nous ne pouvons aller en Inde!
Gros moment d'abattement...
Besoin de reentendre la sentence, tellement impensable.
" Nous ne pourrons donc pas embarquer ce lundi?"
" Non "
" Mais que faire? "
" Il vous faut attendre la periode des deux mois, soit a partir du 14 fevrier. Et changer vos dates de vols."
Cauchemar.
Nous rejoignons la sortie a contre-courant, au milieu de la foule a sens unique.
Dehors, ca plombe.
On s'assied, attendant notre tuk-tuk, la tete entre les mains.
Sitauation absurde.
Nous avons les billets d'avion, les visas necessaires, nous ne resterons que 15 heures en Inde et encore dans l'aeroport! Mais, nous ne pouvons pas embarquer...
Colere face a cette absurde injustice...
Et puis, tres vite du stress qui ravage la tete et qui permet de rebondir.
Il nous faut changer les dates du vol Colombo-Delhi pour le 14 fevrier.
Puis, trouver une correspondance avec la Lufthansa jusqu'a Munich.
Annuler la nuitee a Munich avant qu'elle ne soit debitee de nos comptes.
Decaler le train de Munich a Montbeliard...
Prevenir les filles quant a la garde de la chienne; elles doivent se rendre au Maroc au 17 fevrier.
Telephoner a nos familles pour annoncer la nouvelle...
Le chauffeur nous propose son aide. Nous emmener dans une agence de la Sri Lankan pour changer le vol.
En esperant que ce soit ouvert.
Ah, oui! Cerise sur le gateau, aujourd'hui est un jour ferie: journee de l'independance.
On trouve le moyen de rire de ces concours de circonstances completement fous!
Nous revoila a Negombo.
Agence de voyage qui n'a d'evasion que le nom, mais ouverte!
Nous exposons la sitauation au jeune homme, surpris d'avoir des clients et parlant anglais comme nous parlons cinghalais: limite!
Il nous annonce qu'il n'est pas en mesure de changer notre vol qui n'est pas reference dans son ordinateur!
Deuxieme chance: une autre agence, plus loin sur la route de l'aeroport.
Pas de chance, fermee!
Decidant que cette journee a ete suffisament chargee en rebondissements, nous rentrons a la guesthouse.
Desoeuvrees, desabusees.
Nous prenons l'option de ne faire aucune autre demarche avant le lendemain.
Soiree de torpeur, a se poser sans fin les memes questions.
A se dire que cette histoire est un non-sens.
Un tour sur internet histoire de se changer la tete.
La, un nouveau message de Didier.
Nous communiquant les demarches qu'il a engage pour rejoindre l'Inde, coute que coute.
Sa visite a l'ambassade d'Inde a Colombo. L'attente. Les formulaires a remplir. Les 10 dollars de paiement avant meme toute reponse a l'autorisation demandee. Le jeanfoutisme macule de lenteur.
Le refus categorique a sa requete et sans explication.
Sa colere.
Nous rejoignons notre lit. Stress.
Mais, decidees a tenter tout ce qui est possible pour partir a la date prevue.
Demain, nous nous rendrons a Colombo.
Nuit agitee, il va sans dire...
Vendredi 05 fevrier 2010:
06h50, deux mines deconfites et sans espoir au milieu de la foule.
08h20, capitale en vue. Immersion dans le bruit et la fureur de la circulation.
Le temple de nos attentes est la, devant nous.
Acces surveille, fouille au corps.
Febriles, nous nous dirigeons vers un des guichets de doleance. Expliquons a nouveau la teneur de nos problemes.
" Aucun probleme. Si vous restez dans l'aeroport de Dlhi, vous pouvez embarquer a Colombo"
Nous reiterons la question, rodees a la philosophie cinghalaise du "pas probleme".
Reponse sans attente. Non, en effet, c'est impossible.
" Mais, vous pouvez vous rendre a l'autre delegation de l'ambassade pour essayer d'obtenir l'autorisation de re-entree sur le territoire"
Mains qui tremblent.
09h00: une quinzaine de personnes attendant deja l'ouverture de ladite ambassade.
Nous sommes medusees d'etre la.
Les minutes passent.
Les gens affluent. C'est une bataille que de conserver sa place devant la porte de l'espoir.
9h15, le soleil cogne fortement nos tetes et nos nuques.
Corps a corps qui renforce l'impressionde chaleur.
09h20: qu'est-ce qu'ils foutent? La porte demeure close...
Les gens se pressent un peu plus, persuades que leur cas est plus urgent que celui du voisin...
09h30: la porte s'entrebaille a demi. Ruee de corps. Inutile. C'est un goutte a goutte: deux personnes a la fois.
Vient notre tour.
Un premier bureau, fouille au corps, detection du sac, portique des aeroports.
Depot des cigarettes, feu, couteau.
Acces a la salle des demandes.
Ambiance climatisee, fauteuils d'attente.
Une vitre sur un comptoir qui nous separe des fonctionnaires qui commencent leurs journees de travail...par une tasse de the!
C'est a nous de nous adresser a cet homme au ton sec et au regard penche sur d'autres affaires.
Nous tend un formulaire a chacune.
Sur un ecritoire, nous avouons notre reve le plus fou : rejoindre notre pays avec un transit a New Delhi....
Formulaire dument rempli, nous attendons patiemment que notre tour revienne!
Soumises, nous tendons nos formulaires au meme homme, plus sec encore.
10h30: les des sont jettes.
Guichet suivant pour le paiement.
Reponse a 16h30.
Nous rejoignons la jungle de la rue.
Etourdies par l'ingongruite de la situation.
On se refugie sous notre parapluie-parasol et arpentons cette avenue-pieuvre de bord de mer. En quete d'un restaurant, histoire de se couper du bruit et de calmer corps et esprits en surchauffe.
L'apres-midi sera longue.
Nous oscillons entre franche persuasion d'obtenir cette autorisation et doute profond quant a la logique de leurs decisions...
Etrangement, nous sommes clames malgre les evenements.
Poutant rien de pire que cette cite pour nous, ce soleil de plomb qui enrobe cette journee administrative.
Le temps met fin a notre errance...
16h00, nous foulons a nouveau le sol diplomatique indien...
Memes procedures d'entree. Meme attente.
Une demie-heure nous separe de la decision.
Dans l'arene, des fonctionnaires silencieux, aux gestes lents. Danse de la mollesse sur nos nerfs aiguises.
16h30: le responsable du secteur arrive avec des piles incroyables de passeports.
Ruee sur le guichet.
Seule reponse autorisee: " Asseyez-vous. Attendez."
16h45, la tension monte. La recuperation despasseports est censee se clore a 17h15.
17h00, toujours rien.
Nos entrailles sont liquides, nos cerveaux en bouillie. Fous-rires nerveux.
17h15, les premieres reponses sont delivrees aux premiers venus.
Nous sommes les suivantes.
Le responsable nous designe du doigt. On se leve. Notre destin en bout de course.
Lui de titiller encore notre patience, cherchant nos passeports. Nous les tendant sans un mot.
Nous, d'ouvrir nos documents magiques ou maudits.
Delivrance!
Tampon nous autorisant a nous rendre en Inde.
Nous relisons a deux fois cette permission, histoire de decortiquer chaque mot, en anglais.
Incredules encore, nous lui demandons " Ok pour embarquer?"
" Ok"
Nos talons se tournent. Nous devalons en riant l'escalier de sortie.
Nous sommes libres de quitter le Sri Lanka, libres de faire un transit par l'Inde...
Liberees!
Dans le train qui nous ramene a Negombo, nous jouons avec l'idee du destin.
Et si nous n'avions pas rencontre Didier?
On serait alle a l'aeroport ce lundi, a se faire refouler sans pouvoir faire quoi que ce soit....
Destin?!
jeudi 4 février 2010
Sur l'ocean indien....
Nous voila donc sur les derniers jours de notre periple... Apres de nombreux jours passes a la montagne, au temps tres variable, ciel bas et grand froid(!), nous decidons d'anticiper notre retour sur les plages. Besoin de profiter encore de ce soleil accablant et de la vue d'un ciel purement bleu....
Nous louons des velos pour arpenter plus en profondeur les rues de Negombo et ses environs, un peu plus loin des endroits typiquement touristiques... On vous avoue aussi que c'est l'occasion de ne rien faire, de s'octroyer de nombreuses siestes obligatoires, etant donne la chaleur, il n'y a que ca a faire durant les heures chaudes...
Insouciantes et curieuses, nous saisissons l'aubaine d'une peche en mer qu'une connaissance nous propose.
Reticentes, nous lui avouons craindre les eaux tumultueuses plus loin au large.
" Non, non. La mer est d'huile. Vous n'aurez pas le mal de mer d'autant que nous n'irons pas loin."
Nous sommes donc au rendez-vous, 16h30.
Les pecheurs verifient minutieusement le filet, un enorme tas en boule sur le sable.
Le bateau, embarcation a moteur, est echoue sur le sable.
Nous nous regalons du spectacle.
Tout autour sur la plage, un alignement de catamarans. Et des pecheurs sur leurs montures, de recoudre ces fameux filets aux mailles si fines. Mains toutes cornues, visage marque de ce labeur difficile et toujours les dents rougies de betel.
L'essence est mise dans un jerricane. Le moteur est alors arrime au bateau. Nous voila sur le depart.
Il nous faut pousser l'embarcation. Bon, ok, ca ne sert a rien. Les hommes nous conseillent en riant de monter a bord avant la mise a l'eau.
Ca y est noix dans leurs coques, a l'aise, heureuses.
Une grosse demie-heure a casser les vagues.
Le rivage se transforme en mirage.
Les gilets de sauvetage aussi!
Le soleil tombe mollement dans la mer rosissant comme une vierge effarouchee.
Le moteur s'arrete.
C'est donc ici que nous jetterons le filet a la mer. Longueur hallucinante, balises-flotteurs incalculables: peut-etre un kilometre!
Des l'arret, les remous de l'ocean se font sentir...
Minutes sereines, silence au milieu de la mer.
Soleil rouge, maintenant.
Attente. Un des pecheurs au repos, allonge sur la proue comme si de rien n'etait. L'autre de verifier longuement ses fils de peche.
La nuit tombe doucement.
Raphaele commence a blanchir: premier vomi. "Comme tout marin lors de sa premiere peche" tente de rassurer le pecheur.
Plus blanche encore de minute en minute.
Il fait nuit noire, il est temps d'allumer une lampe de fortune. Arrosoir deguise en lampe d'Aladin des mers. Flameche dans la nuit. Odeur entetante de kerdane.
Le mal ne passera pas.
Comprehensifs, les pecheurs decident de remonter le filet plus vite que prevu.
Ca fait quasiment deux heures que nous divaguons dans cette torpeur...
Raphaele, pliee en deux, vraiment mal.
La remontee du filet est une operation longue et ardue.
Entrave par le poids de l'eau, il est remonte, a l'avant du bateau, a bout de bras.
Et vide de sa peche au fur et a mesure que le deuxieme pecheur le hisse a lui.
Des poissons de 20 cm, tous identiques.
Nous amorcons le retour. Il est 22h00...
Comme signal de presence au croisement d'autres bateaux, une simple lampe de poche, qui fonctionne une fois sur trois...
Horizon de lucioles posees sur l'horizon. Des centaines d'embarcations au flamme de kerdane pour une peche miraculeuse...
Vagues phosphorescentes sur mer d'encre.
Voute d'etoiles, la, juste au dessus de nos tetes...
La plage a quelques metres.
Debarquement. Joie de Raphaele, terrienne d'amour qui a su prendre son mal en patience.
Un pied sur la plage, ouf.
Regards curieux et envieux de ceux deja revenus: constater la peche du voisin.
Peche immediatement pesee, vendue.
En tant que bons marins, nous avons droit a notre part du butin!
Nous rentrons a la guesthouse. Le pecheur devient cuisinier. La chaine du froid n'a pas lieu d'etre...
Apero et diner succulent sur terrasse deserte avec vue sur la mer...
Nous louons des velos pour arpenter plus en profondeur les rues de Negombo et ses environs, un peu plus loin des endroits typiquement touristiques... On vous avoue aussi que c'est l'occasion de ne rien faire, de s'octroyer de nombreuses siestes obligatoires, etant donne la chaleur, il n'y a que ca a faire durant les heures chaudes...
Insouciantes et curieuses, nous saisissons l'aubaine d'une peche en mer qu'une connaissance nous propose.
Reticentes, nous lui avouons craindre les eaux tumultueuses plus loin au large.
" Non, non. La mer est d'huile. Vous n'aurez pas le mal de mer d'autant que nous n'irons pas loin."
Nous sommes donc au rendez-vous, 16h30.
Les pecheurs verifient minutieusement le filet, un enorme tas en boule sur le sable.
Le bateau, embarcation a moteur, est echoue sur le sable.
Nous nous regalons du spectacle.
Tout autour sur la plage, un alignement de catamarans. Et des pecheurs sur leurs montures, de recoudre ces fameux filets aux mailles si fines. Mains toutes cornues, visage marque de ce labeur difficile et toujours les dents rougies de betel.
L'essence est mise dans un jerricane. Le moteur est alors arrime au bateau. Nous voila sur le depart.
Il nous faut pousser l'embarcation. Bon, ok, ca ne sert a rien. Les hommes nous conseillent en riant de monter a bord avant la mise a l'eau.
Ca y est noix dans leurs coques, a l'aise, heureuses.
Une grosse demie-heure a casser les vagues.
Le rivage se transforme en mirage.
Les gilets de sauvetage aussi!
Le soleil tombe mollement dans la mer rosissant comme une vierge effarouchee.
Le moteur s'arrete.
C'est donc ici que nous jetterons le filet a la mer. Longueur hallucinante, balises-flotteurs incalculables: peut-etre un kilometre!
Des l'arret, les remous de l'ocean se font sentir...
Minutes sereines, silence au milieu de la mer.
Soleil rouge, maintenant.
Attente. Un des pecheurs au repos, allonge sur la proue comme si de rien n'etait. L'autre de verifier longuement ses fils de peche.
La nuit tombe doucement.
Raphaele commence a blanchir: premier vomi. "Comme tout marin lors de sa premiere peche" tente de rassurer le pecheur.
Plus blanche encore de minute en minute.
Il fait nuit noire, il est temps d'allumer une lampe de fortune. Arrosoir deguise en lampe d'Aladin des mers. Flameche dans la nuit. Odeur entetante de kerdane.
Le mal ne passera pas.
Comprehensifs, les pecheurs decident de remonter le filet plus vite que prevu.
Ca fait quasiment deux heures que nous divaguons dans cette torpeur...
Raphaele, pliee en deux, vraiment mal.
La remontee du filet est une operation longue et ardue.
Entrave par le poids de l'eau, il est remonte, a l'avant du bateau, a bout de bras.
Et vide de sa peche au fur et a mesure que le deuxieme pecheur le hisse a lui.
Des poissons de 20 cm, tous identiques.
Nous amorcons le retour. Il est 22h00...
Comme signal de presence au croisement d'autres bateaux, une simple lampe de poche, qui fonctionne une fois sur trois...
Horizon de lucioles posees sur l'horizon. Des centaines d'embarcations au flamme de kerdane pour une peche miraculeuse...
Vagues phosphorescentes sur mer d'encre.
Voute d'etoiles, la, juste au dessus de nos tetes...
La plage a quelques metres.
Debarquement. Joie de Raphaele, terrienne d'amour qui a su prendre son mal en patience.
Un pied sur la plage, ouf.
Regards curieux et envieux de ceux deja revenus: constater la peche du voisin.
Peche immediatement pesee, vendue.
En tant que bons marins, nous avons droit a notre part du butin!
Nous rentrons a la guesthouse. Le pecheur devient cuisinier. La chaine du froid n'a pas lieu d'etre...
Apero et diner succulent sur terrasse deserte avec vue sur la mer...
jeudi 28 janvier 2010
Ella
12h00, apres les tuk-tuk, le tchou-tchou. Une remontee dans le temps. Locomotive tout droit sortie du 19eme siecle. Compartiments de bois au charme surrane.
Chargement de paquets heteroclites en soute: 20 minutes de retard au depart!
Un premier arret quelques minutes seulement apres le demarrage du train. Attente incomprehensible, puis nous comprenons. Changement d'aiguillage, le train recule d'autant de ce qu'il a avance! Re-aiguillage, puis attente qu'un autre train ne passe... Il est 13H15, nous sommes toujours aux environs d'Haputale!
Trajet sublime, nous sillonnons entre les collines chargees de the et de jardins.
Pont branlant. Precipices vertigineux. Deux rails suspendus dans le vide.
Ella, a 17 kilometres d'Haputale:14H30!
Et, il parait que le trajet etait plus rapide qu'en bus!
Le lendemain, nous nous reveillons au son des aurores. Nous nous etirons sur ce bonheur dans un jardin fleuri et d'un calme absolu...
La vie trepigne deja.
Journee capitale pour le Sri Lanka:elections en ce jour. Paroxysme de semaines de shows televises, de drapeaux a l'effigie du president actuel.... L'omnipresence de ce guignol de l'info est siderante....
Nous profitons de ce petit village de montagne pour parcourir de nombreux sentiers de balade.
Quelques kilometres empruntes sur la voie ferree. C'est ici une avenue populaire pour joindre deux points en ces regions sinueuses.
Des hommes et des femmes vetus de leurs plus beaux habits se rendent au bureau de vote voisin. Des gamins profitent de notre passage pour parfaire leur anglais.
Des departs aux champs, beche sur le dos.
Des moines illumines de leur parure orange.
Vue somptueuse sur la nature et ses habitants.
Bonne grimpette dans une foret d'eucalyptus, jusqu'au sommet d'un rocher. Nos yeux se perdent dans cette faille et l'imagination nous fait deviner la cote derriere les montagnes au loin...
Vallee sauvage sur un fond de collines jusque la ou l'oeil ne percoit plus qu'un mirage de brume laiteuse.
Le temps est mou et elastique dans cette bourgade.
Nous prenons gout a cette indolence rythmee par des randonnees quotidiennes.
Quelques jours loin de l'agitation de la campagne electorale.
Sans surprise, mais avec probablement quelques malversations, le president Mahinda Rajapakse est reelu. Liesse populaire partout dans le pays. Et mecontentement partout dans le pays egalement... Une paix nouvelle qui pourrait etre souillee dans les mois a venir...
PS: Pas de photos, une fois encore. Tres difficile parfois de faire ici cette manipulation pourtant simple... Desolee pour l'evasion...
Chargement de paquets heteroclites en soute: 20 minutes de retard au depart!
Un premier arret quelques minutes seulement apres le demarrage du train. Attente incomprehensible, puis nous comprenons. Changement d'aiguillage, le train recule d'autant de ce qu'il a avance! Re-aiguillage, puis attente qu'un autre train ne passe... Il est 13H15, nous sommes toujours aux environs d'Haputale!
Trajet sublime, nous sillonnons entre les collines chargees de the et de jardins.
Pont branlant. Precipices vertigineux. Deux rails suspendus dans le vide.
Ella, a 17 kilometres d'Haputale:14H30!
Et, il parait que le trajet etait plus rapide qu'en bus!
Le lendemain, nous nous reveillons au son des aurores. Nous nous etirons sur ce bonheur dans un jardin fleuri et d'un calme absolu...
La vie trepigne deja.
Journee capitale pour le Sri Lanka:elections en ce jour. Paroxysme de semaines de shows televises, de drapeaux a l'effigie du president actuel.... L'omnipresence de ce guignol de l'info est siderante....
Nous profitons de ce petit village de montagne pour parcourir de nombreux sentiers de balade.
Quelques kilometres empruntes sur la voie ferree. C'est ici une avenue populaire pour joindre deux points en ces regions sinueuses.
Des hommes et des femmes vetus de leurs plus beaux habits se rendent au bureau de vote voisin. Des gamins profitent de notre passage pour parfaire leur anglais.
Des departs aux champs, beche sur le dos.
Des moines illumines de leur parure orange.
Vue somptueuse sur la nature et ses habitants.
Bonne grimpette dans une foret d'eucalyptus, jusqu'au sommet d'un rocher. Nos yeux se perdent dans cette faille et l'imagination nous fait deviner la cote derriere les montagnes au loin...
Vallee sauvage sur un fond de collines jusque la ou l'oeil ne percoit plus qu'un mirage de brume laiteuse.
Le temps est mou et elastique dans cette bourgade.
Nous prenons gout a cette indolence rythmee par des randonnees quotidiennes.
Quelques jours loin de l'agitation de la campagne electorale.
Sans surprise, mais avec probablement quelques malversations, le president Mahinda Rajapakse est reelu. Liesse populaire partout dans le pays. Et mecontentement partout dans le pays egalement... Une paix nouvelle qui pourrait etre souillee dans les mois a venir...
PS: Pas de photos, une fois encore. Tres difficile parfois de faire ici cette manipulation pourtant simple... Desolee pour l'evasion...
dimanche 24 janvier 2010
Haputale
Haputale, 1600 metres d'altitude, est situee sur une crete. Horizon pourtant ramene au bout de son nez. Un brouillard constant semblable a des embruns, ventiles par les differents courants d'air. Ce sont donc des nuages de brouillard qui nous accueillent.
Nous conjurons la grisaille au matin. Et surtout le froid.
04h30. Le reveil sonne sur une journee prometteuse. Etrangement bien reveillees, nous avons pris l'habitude de nous lever en meme temps que le soleil.
Nous attendons impatiemment la venue du vehicule pour devancer le lever du jour.
Jouer avec le temps. Mettre toutes les chances de notre cote pour profiter du parc national de Horton Plains, avant qu'il ne soit litteralement submerge de brouillard. Plateau a 2000 metres d'altitude, melange de forets, de prairies, de tourbes...
Quelques kilometres de lacets nous en separent.
Paysage nimbe de mystere encore plonge dans l'obscurite.
La lumiere poind.
Nous approchons du but.
Nous devinons alors de majestueuses montagnes, pics de douceur.
La, miracle de la chance, cieux clements qui nous saluent.
Arret sur image. Une mer de nuages moutonnant a l'infini.
Sous nos pieds, une valle vertigineuse. Sous nos yeux, le dessin des collines qui se precise en osmose avec une vegetation superbe.
Les rayons du soleil chatouillent les cheveux des nuages.
Degrade de lumieres de seconde en seconde. Rose, pourpre, violet, rouge.
Ode a la beaute, refletee dans nos yeux ebahis.
La vegetation jusqu'alors sombre et immobile s'embrase et danse sous les feux de la rampe. Ravissement du jour qui se leve...par 0 degre!
Moment religieux.
Puis, nous accedons a l'entree du parc.
Premiers pas febriles dans cette nature inconnue. Ca craque sous nos pas, gelee partout alentour.
Sambars dans les lueurs de cette aurore magique.
Dans le ventre de la foret, l'ambiance est froide et humide. Ecosysteme complexe et impenetrable.
Nous parcourons avec ravissement les montees et descentes des cretes a suivre.
Sentier etroit au milieu de nulle part. D'ailleurs, nous y voila, nulle part, le bout du monde. Precipice a gauche comme a droite, 1000 metres de chute, vue fantasmagorique sur une vallee verdoyante sur une vallee verdoyante, tout la-bas en bas.
On touche des doigts ces sommets qui nous paraissaient si loin. Raies de lumieres filtrees par les cimes des montagnes.
Un moment de grace sur le toit du monde.
Cheminement vers d'autres decors.
Paysage de plaines. Des rododhendrons, dolmens de solitude au milieu d'herbes seches.
A present, il fait tres chaud.
Douceur des yeux, rivieres gouleyantes, cascades vivantes.
La vie aureolee de silence.
Nous sommes seules dans ce paradis.
11h00. Trajet du retour sous la lumiere du jour.
Maraichers et jardins en espaliers.
Des carottes, des haricots, du riz. Comme un eden irrigue d'eau des dieux.
Jeux des lignes et des courbes raffine.
Enchantement.
Cerise sur le gateau, des singes-ours a quelques metres de nous. Patauds a la barbiche grise, sautant lourdement d'arbre en arbre.
Une journee sous le signe du bonheur.
vendredi 22 janvier 2010
Sinharaja.
Station de bus de Ratnapura. Miraculeuse peche , bus pour Deniyaya, la porte d'acces pour la foret tropicale.
Sacs arrimes al'avant, places assises apres une bataille indescriptible. C'est un corps a corps, une lutte soudaine apeine le bus est en vue. Obtenir une place assise releve du miracle ou d'un effort digne d'un sumo faisant ses preuves. A ca moment, aucun respect, seul compte la poussee formidable vers l'interieur.. Prendre les transports publics est une experience unique et enrichissante. Proximite inimaginable:encerclees dos, de bras, de mains. Membres indertermines en appui.
Et ce coude a coude du controleur aussi. Qui devient anguille dans ce bus cahotique et evidemment bonde. Cette faculte admirable de prendre d'une main les billets de sa souche, rendre de l'autre la monnaie au milieu de la foule et des nids de poule... Equilibre miraculeux erige en art de la grace, sans en avoir l'air.
Reflex, parfois. Fermer les yeux sur un troisieme bus insere a vive allure sur cette route etroite... Ca passe.
Route aux pentes ardues et sinueuses. Tetes d'epingles tellement resserees que le bus s'y prend a deux manoeuvres pour aborder ces virages de montagne. Genies du volant, vraiment. Collines et precipices, rizieres la-bas, en bas, et des mosaiques d'arbres a the comme composition d'un tableau multichrome.
Voyage particulierement rude, suspensions par les fesses et la nuque, estomac dans la bouche. Nous voila a Deniyaya. Quelques heures de repos dans une batisse coloniale, vue incroyable et calme authentique.
Le lendemain, au petit matin. Premier etonnement: il fait frais.
Puis le soleil apparait, le brouillard disparait progressivement, deshabillant les arbres majestueux.
Sinharaja.
Bord de riviere. La lumiere transperce les fougeres. Bruit de feuilles, la-haut dans la canopee: signe d'un animal, singe a demi visible...
Cimes des arbres entetantes, vertige des sens. La nuque cassee vers le ciel, 40 metres plus haut sous les arbres.
Lianes a la grosseur d'un tronc, endemiques.
Fougeres et autres herbes medicinales.
Et au sol, pendant ce temps, les sangsues nous attaquent, inlassablement...
Serpents vert lumiere parmi les feuilles. Araignees au centres de leurs toiles, maisons de fil et gouttes d'eau.
Cameleons. Chenilles aux poils immenses, tres allergenes.
Papillons enormes se prenant pour des feuilles.
Et autres bestioles aux noms inconnus mais au souvenir du coeur.
Quelques instants de felicite.
Sacs arrimes al'avant, places assises apres une bataille indescriptible. C'est un corps a corps, une lutte soudaine apeine le bus est en vue. Obtenir une place assise releve du miracle ou d'un effort digne d'un sumo faisant ses preuves. A ca moment, aucun respect, seul compte la poussee formidable vers l'interieur.. Prendre les transports publics est une experience unique et enrichissante. Proximite inimaginable:encerclees dos, de bras, de mains. Membres indertermines en appui.
Et ce coude a coude du controleur aussi. Qui devient anguille dans ce bus cahotique et evidemment bonde. Cette faculte admirable de prendre d'une main les billets de sa souche, rendre de l'autre la monnaie au milieu de la foule et des nids de poule... Equilibre miraculeux erige en art de la grace, sans en avoir l'air.
Reflex, parfois. Fermer les yeux sur un troisieme bus insere a vive allure sur cette route etroite... Ca passe.
Route aux pentes ardues et sinueuses. Tetes d'epingles tellement resserees que le bus s'y prend a deux manoeuvres pour aborder ces virages de montagne. Genies du volant, vraiment. Collines et precipices, rizieres la-bas, en bas, et des mosaiques d'arbres a the comme composition d'un tableau multichrome.
Voyage particulierement rude, suspensions par les fesses et la nuque, estomac dans la bouche. Nous voila a Deniyaya. Quelques heures de repos dans une batisse coloniale, vue incroyable et calme authentique.
Le lendemain, au petit matin. Premier etonnement: il fait frais.
Puis le soleil apparait, le brouillard disparait progressivement, deshabillant les arbres majestueux.
Sinharaja.
Bord de riviere. La lumiere transperce les fougeres. Bruit de feuilles, la-haut dans la canopee: signe d'un animal, singe a demi visible...
Cimes des arbres entetantes, vertige des sens. La nuque cassee vers le ciel, 40 metres plus haut sous les arbres.
Lianes a la grosseur d'un tronc, endemiques.
Fougeres et autres herbes medicinales.
Et au sol, pendant ce temps, les sangsues nous attaquent, inlassablement...
Serpents vert lumiere parmi les feuilles. Araignees au centres de leurs toiles, maisons de fil et gouttes d'eau.
Cameleons. Chenilles aux poils immenses, tres allergenes.
Papillons enormes se prenant pour des feuilles.
Et autres bestioles aux noms inconnus mais au souvenir du coeur.
Quelques instants de felicite.
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