Nous voila donc sur les derniers jours de notre periple... Apres de nombreux jours passes a la montagne, au temps tres variable, ciel bas et grand froid(!), nous decidons d'anticiper notre retour sur les plages. Besoin de profiter encore de ce soleil accablant et de la vue d'un ciel purement bleu....
Nous louons des velos pour arpenter plus en profondeur les rues de Negombo et ses environs, un peu plus loin des endroits typiquement touristiques... On vous avoue aussi que c'est l'occasion de ne rien faire, de s'octroyer de nombreuses siestes obligatoires, etant donne la chaleur, il n'y a que ca a faire durant les heures chaudes...
Insouciantes et curieuses, nous saisissons l'aubaine d'une peche en mer qu'une connaissance nous propose.
Reticentes, nous lui avouons craindre les eaux tumultueuses plus loin au large.
" Non, non. La mer est d'huile. Vous n'aurez pas le mal de mer d'autant que nous n'irons pas loin."
Nous sommes donc au rendez-vous, 16h30.
Les pecheurs verifient minutieusement le filet, un enorme tas en boule sur le sable.
Le bateau, embarcation a moteur, est echoue sur le sable.
Nous nous regalons du spectacle.
Tout autour sur la plage, un alignement de catamarans. Et des pecheurs sur leurs montures, de recoudre ces fameux filets aux mailles si fines. Mains toutes cornues, visage marque de ce labeur difficile et toujours les dents rougies de betel.
L'essence est mise dans un jerricane. Le moteur est alors arrime au bateau. Nous voila sur le depart.
Il nous faut pousser l'embarcation. Bon, ok, ca ne sert a rien. Les hommes nous conseillent en riant de monter a bord avant la mise a l'eau.
Ca y est noix dans leurs coques, a l'aise, heureuses.
Une grosse demie-heure a casser les vagues.
Le rivage se transforme en mirage.
Les gilets de sauvetage aussi!
Le soleil tombe mollement dans la mer rosissant comme une vierge effarouchee.
Le moteur s'arrete.
C'est donc ici que nous jetterons le filet a la mer. Longueur hallucinante, balises-flotteurs incalculables: peut-etre un kilometre!
Des l'arret, les remous de l'ocean se font sentir...
Minutes sereines, silence au milieu de la mer.
Soleil rouge, maintenant.
Attente. Un des pecheurs au repos, allonge sur la proue comme si de rien n'etait. L'autre de verifier longuement ses fils de peche.
La nuit tombe doucement.
Raphaele commence a blanchir: premier vomi. "Comme tout marin lors de sa premiere peche" tente de rassurer le pecheur.
Plus blanche encore de minute en minute.
Il fait nuit noire, il est temps d'allumer une lampe de fortune. Arrosoir deguise en lampe d'Aladin des mers. Flameche dans la nuit. Odeur entetante de kerdane.
Le mal ne passera pas.
Comprehensifs, les pecheurs decident de remonter le filet plus vite que prevu.
Ca fait quasiment deux heures que nous divaguons dans cette torpeur...
Raphaele, pliee en deux, vraiment mal.
La remontee du filet est une operation longue et ardue.
Entrave par le poids de l'eau, il est remonte, a l'avant du bateau, a bout de bras.
Et vide de sa peche au fur et a mesure que le deuxieme pecheur le hisse a lui.
Des poissons de 20 cm, tous identiques.
Nous amorcons le retour. Il est 22h00...
Comme signal de presence au croisement d'autres bateaux, une simple lampe de poche, qui fonctionne une fois sur trois...
Horizon de lucioles posees sur l'horizon. Des centaines d'embarcations au flamme de kerdane pour une peche miraculeuse...
Vagues phosphorescentes sur mer d'encre.
Voute d'etoiles, la, juste au dessus de nos tetes...
La plage a quelques metres.
Debarquement. Joie de Raphaele, terrienne d'amour qui a su prendre son mal en patience.
Un pied sur la plage, ouf.
Regards curieux et envieux de ceux deja revenus: constater la peche du voisin.
Peche immediatement pesee, vendue.
En tant que bons marins, nous avons droit a notre part du butin!
Nous rentrons a la guesthouse. Le pecheur devient cuisinier. La chaine du froid n'a pas lieu d'etre...
Apero et diner succulent sur terrasse deserte avec vue sur la mer...
jeudi 4 février 2010
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
2 commentaires:
Belle expérience,n'est-ce pas , Raphaële!...A présent, tu as le pied marin.
Nous pensons très fort à vous.J'ai hâte de vous serrer dans mes bras.
A très bientôt,maintenant.
Ouf ! A force de cliquer , le message arrive . Cette partie de pêche est un des récits qui me plaît le plus , souvenir d'enfance sans doute ( pardonne moi Raphaèle et ne me prive pas de lasagnes ! )
Je vous embrasse
Geo
Enregistrer un commentaire