Mercredi 04 fevrier 2010.
Apres un debut de matinee au marche aux poissons, vient l'heure d'aller faire un tour sur le net...
Et, la, message de Didier, homme fort sympathique que nous avons rencontre a Haputale.
Didier de nous raconter qu'apres un sejour d'un mois en Inde, il est donc venu au Sri Lanka pour quinze jours, avant de vouloir repartir pour l'Inde.
Sur le depart, on lui apprend que de nouvelles lois sont en vigueur pour les visas indiens.
Nos yeux devorent l'ecran. Quoi? Quelles lois?
Nous relisons l'ensemble du mail, chaque mot.
Depuis une semaine, le gouvernement indien a decide que toute re-entree sur leur sol doit se faire apres une periode de deux mois revolus de sortie du territoire.
On se regarde, incredules.
Didier est bloque a l'aeroport de Colombo, incapable de s'envoler pour l'Inde avant les fameux deux mois revolus!
Blemissement, estomac qui se retourne un petit coup.
Quelque peu crispees et sous le choc, nous nous rendons a l'aeroport pour de plus amples renseignements.
A quatre jours du vol, nous nous presentons, sans sac, aux departs pour les vols internationaux.
Le comptoir de la Sri Lankan. Nous expliquons notre cas, tendons nos billets, febriles.
" Oui, oui, c'est bon."
" Quoi?"
" C'est bon, vos vols sont confirmes!"
Incomprehension. Nous lui reexpliquons donc notre probleme.
Elle nous conseille de nous rendre a l'interieur de l'aeroport pour obtenir une reponse fiable....
Nous nous dirigeons vers l'entree, avec l'espoir que tout ceci ne soit qu'un quiproquo, un reve mauvais...
Nous passons tous les points de controle, evidemment.
Et les suspicions des militaire: " Ou sont vos bagages?"
Nous voila au comptoir d'embarquement. Surrealiste.
Une lumiere peut-etre au bout du tunnel.
Nous reexposons notre cas aux levres rouges sur dents eclatantes en face de nous.
Passeports, type de visas, compagnies aeriennes, tout est verifie.
Ses yeux se relevent sur nous, en meme temps que le couperet tombe sur nos nuques.
" Non. Vous ne pourrez pas embarquer"
" Mais, pourquoi? C'est juste un transit de quelques heures."
" A cause de votre visa a entrees multiples"
Les indiens, sur les dents avec les menaces terroristes, limitent tout acces repete sur leur sol.
Bref, avec un visa valable jusqu'en mai 2010, nous ne pouvons aller en Inde!
Gros moment d'abattement...
Besoin de reentendre la sentence, tellement impensable.
" Nous ne pourrons donc pas embarquer ce lundi?"
" Non "
" Mais que faire? "
" Il vous faut attendre la periode des deux mois, soit a partir du 14 fevrier. Et changer vos dates de vols."
Cauchemar.
Nous rejoignons la sortie a contre-courant, au milieu de la foule a sens unique.
Dehors, ca plombe.
On s'assied, attendant notre tuk-tuk, la tete entre les mains.
Sitauation absurde.
Nous avons les billets d'avion, les visas necessaires, nous ne resterons que 15 heures en Inde et encore dans l'aeroport! Mais, nous ne pouvons pas embarquer...
Colere face a cette absurde injustice...
Et puis, tres vite du stress qui ravage la tete et qui permet de rebondir.
Il nous faut changer les dates du vol Colombo-Delhi pour le 14 fevrier.
Puis, trouver une correspondance avec la Lufthansa jusqu'a Munich.
Annuler la nuitee a Munich avant qu'elle ne soit debitee de nos comptes.
Decaler le train de Munich a Montbeliard...
Prevenir les filles quant a la garde de la chienne; elles doivent se rendre au Maroc au 17 fevrier.
Telephoner a nos familles pour annoncer la nouvelle...
Le chauffeur nous propose son aide. Nous emmener dans une agence de la Sri Lankan pour changer le vol.
En esperant que ce soit ouvert.
Ah, oui! Cerise sur le gateau, aujourd'hui est un jour ferie: journee de l'independance.
On trouve le moyen de rire de ces concours de circonstances completement fous!
Nous revoila a Negombo.
Agence de voyage qui n'a d'evasion que le nom, mais ouverte!
Nous exposons la sitauation au jeune homme, surpris d'avoir des clients et parlant anglais comme nous parlons cinghalais: limite!
Il nous annonce qu'il n'est pas en mesure de changer notre vol qui n'est pas reference dans son ordinateur!
Deuxieme chance: une autre agence, plus loin sur la route de l'aeroport.
Pas de chance, fermee!
Decidant que cette journee a ete suffisament chargee en rebondissements, nous rentrons a la guesthouse.
Desoeuvrees, desabusees.
Nous prenons l'option de ne faire aucune autre demarche avant le lendemain.
Soiree de torpeur, a se poser sans fin les memes questions.
A se dire que cette histoire est un non-sens.
Un tour sur internet histoire de se changer la tete.
La, un nouveau message de Didier.
Nous communiquant les demarches qu'il a engage pour rejoindre l'Inde, coute que coute.
Sa visite a l'ambassade d'Inde a Colombo. L'attente. Les formulaires a remplir. Les 10 dollars de paiement avant meme toute reponse a l'autorisation demandee. Le jeanfoutisme macule de lenteur.
Le refus categorique a sa requete et sans explication.
Sa colere.
Nous rejoignons notre lit. Stress.
Mais, decidees a tenter tout ce qui est possible pour partir a la date prevue.
Demain, nous nous rendrons a Colombo.
Nuit agitee, il va sans dire...
Vendredi 05 fevrier 2010:
06h50, deux mines deconfites et sans espoir au milieu de la foule.
08h20, capitale en vue. Immersion dans le bruit et la fureur de la circulation.
Le temple de nos attentes est la, devant nous.
Acces surveille, fouille au corps.
Febriles, nous nous dirigeons vers un des guichets de doleance. Expliquons a nouveau la teneur de nos problemes.
" Aucun probleme. Si vous restez dans l'aeroport de Dlhi, vous pouvez embarquer a Colombo"
Nous reiterons la question, rodees a la philosophie cinghalaise du "pas probleme".
Reponse sans attente. Non, en effet, c'est impossible.
" Mais, vous pouvez vous rendre a l'autre delegation de l'ambassade pour essayer d'obtenir l'autorisation de re-entree sur le territoire"
Mains qui tremblent.
09h00: une quinzaine de personnes attendant deja l'ouverture de ladite ambassade.
Nous sommes medusees d'etre la.
Les minutes passent.
Les gens affluent. C'est une bataille que de conserver sa place devant la porte de l'espoir.
9h15, le soleil cogne fortement nos tetes et nos nuques.
Corps a corps qui renforce l'impressionde chaleur.
09h20: qu'est-ce qu'ils foutent? La porte demeure close...
Les gens se pressent un peu plus, persuades que leur cas est plus urgent que celui du voisin...
09h30: la porte s'entrebaille a demi. Ruee de corps. Inutile. C'est un goutte a goutte: deux personnes a la fois.
Vient notre tour.
Un premier bureau, fouille au corps, detection du sac, portique des aeroports.
Depot des cigarettes, feu, couteau.
Acces a la salle des demandes.
Ambiance climatisee, fauteuils d'attente.
Une vitre sur un comptoir qui nous separe des fonctionnaires qui commencent leurs journees de travail...par une tasse de the!
C'est a nous de nous adresser a cet homme au ton sec et au regard penche sur d'autres affaires.
Nous tend un formulaire a chacune.
Sur un ecritoire, nous avouons notre reve le plus fou : rejoindre notre pays avec un transit a New Delhi....
Formulaire dument rempli, nous attendons patiemment que notre tour revienne!
Soumises, nous tendons nos formulaires au meme homme, plus sec encore.
10h30: les des sont jettes.
Guichet suivant pour le paiement.
Reponse a 16h30.
Nous rejoignons la jungle de la rue.
Etourdies par l'ingongruite de la situation.
On se refugie sous notre parapluie-parasol et arpentons cette avenue-pieuvre de bord de mer. En quete d'un restaurant, histoire de se couper du bruit et de calmer corps et esprits en surchauffe.
L'apres-midi sera longue.
Nous oscillons entre franche persuasion d'obtenir cette autorisation et doute profond quant a la logique de leurs decisions...
Etrangement, nous sommes clames malgre les evenements.
Poutant rien de pire que cette cite pour nous, ce soleil de plomb qui enrobe cette journee administrative.
Le temps met fin a notre errance...
16h00, nous foulons a nouveau le sol diplomatique indien...
Memes procedures d'entree. Meme attente.
Une demie-heure nous separe de la decision.
Dans l'arene, des fonctionnaires silencieux, aux gestes lents. Danse de la mollesse sur nos nerfs aiguises.
16h30: le responsable du secteur arrive avec des piles incroyables de passeports.
Ruee sur le guichet.
Seule reponse autorisee: " Asseyez-vous. Attendez."
16h45, la tension monte. La recuperation despasseports est censee se clore a 17h15.
17h00, toujours rien.
Nos entrailles sont liquides, nos cerveaux en bouillie. Fous-rires nerveux.
17h15, les premieres reponses sont delivrees aux premiers venus.
Nous sommes les suivantes.
Le responsable nous designe du doigt. On se leve. Notre destin en bout de course.
Lui de titiller encore notre patience, cherchant nos passeports. Nous les tendant sans un mot.
Nous, d'ouvrir nos documents magiques ou maudits.
Delivrance!
Tampon nous autorisant a nous rendre en Inde.
Nous relisons a deux fois cette permission, histoire de decortiquer chaque mot, en anglais.
Incredules encore, nous lui demandons " Ok pour embarquer?"
" Ok"
Nos talons se tournent. Nous devalons en riant l'escalier de sortie.
Nous sommes libres de quitter le Sri Lanka, libres de faire un transit par l'Inde...
Liberees!
Dans le train qui nous ramene a Negombo, nous jouons avec l'idee du destin.
Et si nous n'avions pas rencontre Didier?
On serait alle a l'aeroport ce lundi, a se faire refouler sans pouvoir faire quoi que ce soit....
Destin?!
samedi 6 février 2010
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2 commentaires:
Je prends connaissance à l'instant de votre frayeur, communicative,je dois dire..Je suis toute tremblante, le coeur battant plus vite et fort que la normale,la gorge serrée,l'estomac dans la bouche, avec l'appréhension de descendre le curseur( affolée à l'idée d'apprendre l'impossibilité de retour prochain).Je vais essayer de rester calme à présent. J'espère que la réponse favorable des autorités est définitive , que vous allez pouvoir rentrer à la date prévue.Je n'arrive pas à être soulagée et crains d'autres embrouilles. De grâce :Tenez nous au courant du déroulement des évènements. Vivement votre retour.Je pense très fort à vous.Je veux vous serrer dans mes bras.
Même pas peur car Françoise m'avait donné la chute !!! Malgré tout, un petit message de Delhi par l'intermédiaire de Françoise serait quand même très chouette , dans la mesure du possible évidemment . Que les quelques jours qui restent soient beaux .
Je vous embrasse .
Geo
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