" Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche..."

samedi 29 décembre 2007

Rodeo

Chevauchant une monture d acier, depart pour un tour du plateau des Boloven. De Pakse, nous frequentons une route macadamee, du bonheur, en direction du nord est, pour rejoindre une des nombreuses cascades: Tad Lo. Site magnifique et retire, enfin un peu a l ecart des flots touristiques, mais proches des flots et du laolao... Une nuit dans une hutte de bambou, a entendre chanter les coqs. On se relache et on jouit de chaque instant. De la, 100 kilometres partages entre asphalte et piste. On ressmble relativement a des peaux rouges en arrivant a destination, arrosees de poussiere par les quelques vehicules que nous rencontrons. Nous sommes a Sekong, changement de province, au bout du monde. Une rue principale, bordant la Sekong river. C est une region ou les traditions restent ancrees profondement: les femmes accouchent encore limite debout et gardent le lit pendant 10 jours, en dessous duquel se consumme un brasier, histoire de purifier le corps... D ou un taux de mortalite important. Region bien pauvre avec un taux d alphabetisation de 40%. Bande de terre jouxtant le Vietnam: il faudrait 70 ans pour annihiler toutes les mines encore presentes... Deux gamines en ont pati dans un jardin d une ecole, il y a un mois. En effet, les mines se deplacant au gre des pluis, a la mousson, il est tres difficile de les localiser.
Berceuse particuliere avant la nuit: des hauts parleurs vociferent de 17 a 20 heures une litanie de choses incomprehensibles, mais on devine naturellement qu il s agit de vanter les merites des chefs d etat... Laos, republique democratique, dont le drapeau est toujours assimile a la faucille et au marteau...
Pour corroborer le tout, nous apprenons au reveil que nous avons dormi dans un hotel hante. Manu, shining. Nous fuyons les chants patriotiques du matin, 06 a 8 heures...
Troisieme jour, nous frolons toujours plus pret, les montagnes du plateau. La route est superbe, la lumiere du matin rendant grace a l environnement. Nous ne croisons quasiment plus aucun vehicule, si ce n est des deux roues et des quatre pattes. Apparitions de hameaux poses au milieu de nulle part. Les autochtones que nous croisons semblent meduses, les gosses ne peuvent detacher leurs yeux de nos droles de tetes, et ce toujours a la derobade, version communiste... Nous nous introduisons donc dans la province d Attapeu. Situee a 40 kilometres du Vietnam, cette ville offre, comme partout au Laos, un sacre brassage ethnique. Tres agreable endroit, verdoyant, au calme, peuple de gens charmants. Nous pouvons meme communiquer avec une habitante, alors meme que nous ne parlons pas la meme langue. Assez incroyable.
C est une ville dans laquelle nous serions bien restees quelques temps.
Mais, on the road again.
Nous continuons notre periple pour rejoindre notre point de depart, Pakse.
210 kilometres, soit 7 heures de route......
Au debut, tout va bien, la route est magique a pleurer, deserte, baignee d or. Ensuite, nous quittons l axe principal et la c est la piste. Il faut imaginer un fort denivelle, en terre, bien sur, au milieu de rien. La foret partout autour nous fait penser par moment que ce n est pas le moment de crever un pneu... Puis, la piste se degrade, a savoir un melange de terre, de cailloux, de descente assez vertigineuse et de remontee folkorique. Nous sommes innondees de beaute partout autour. Enfin, les 100 derniers kilometres pire encore. Du bitume, certes mais parseme non plus de nids de poules mais d autruche, et prehistoriques les autruches. On slalomme entre ces crateres, on a l impression ou d etre dans un jeu electronique ou que tous sont bourres sur la route... En attendant, les visages que l on croise et les arbres que l on touche des yeux sont somptueux.
Tres heureuses d arriver malgre tout, douche chaude exquise, les premieres. Massage bien merite...
Tres heureuses aussi d avoir pu tourner ainsi autour des montagnes et villags paumes, choses que nous n aurions pu voir autrement. Nous flattons notre monture, vivement la prochaine...

Demain, nous allons clore notre visite de la province de Champassak en nous rendant a dos d elephant au Phu Asa, sommet situe au sud de Pakse.

Specialement a Michman: Raphaele dit Aaaaah. Premierement parce qu elle est bloque de bonheur. Deuxiemement parce qu elle ne connait que cette touche sur le clavier...

Un merci tout particulier a Melanie et Sabine pour votre message. Super de vous lire. Nous pensons d ores et deja a vous, non loin de la Thailande, et plus encore dans un avenir proche: a Savannakhet, seul le Mekong separe ces deux pays. Et oui, nous goutons, avec moderation bien sur, au lao sous toutes ses formes...

Bon retablissement a notre voisin malade. Tout ca pour ne pas bosser...

De gros poutous a Mamie aussi, en esperant que Labiche tire les comptes rendus sur papier. J en suis sure.

Nous pensons fort a vous tous, meme a Teri, c est dire...
Prochaine escale a Savannakhet pour tous nos fans... Tendres bises.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Pauvres indigènes... quel choc ce doit effectivement être pour eux de voir débarquer deux zouloutes rougeâtres ! A en juger par votre étonnement d'avoir pu communiquer avec une femme lao, les contacts directs ne doivent pas être évidents...
Après les poules et les autruches, méfiez vous de ne pas tomber sur des nids de dinosaures... ça parachèverait le choc temporel...
Ca va fort, les filles, quelle vie trépidante vous menez ! Riche suite...

Anonyme a dit…

bonjour les filles.2 jours à vous lire et encore 2 à comprendre le fonctionnement;le maniement de la gradine est + approprié à mon cerveau enfumé par les tubes de silicone et autres produits aux noms peut recommandable que brule mon chere et tendre employeur au nom du capitalisme et de ma feuille de paye.alors à bas le capitalisme,le communisme et tout les autres.VIVE LES FILLES. magnifique vos textes sur la vie de là bas.gros bisous à vous 2 et bien le bonjour à vous tous

michman a dit…

Pas de doute, vous êtes d'authentiques routardes. D'avoir bien préparé votre voyage au Cambodge vous a rodé pour la suite.
Et vous faites des émules, nous avons commencé notre journal. On a le temps et la doc pour le peaufiner en plus. A votre retour, quand vous metterez votre blog en forme ça sera de la bombe.
On a vu un pote de Mich qui est allé au Cambodge et qui a visité ce fameux camp à PHNOM-PENH.
A la sortie de sa visite, on lui aurai proposé une sorte de ball-trap avec cible mouvante et avec arme véritable. Mieux, ou pire, pour 150 dollars, il pouvait acheter une vache et la shooter au lance rocket.
Encore plus dingue dans l'indécent, les khmers à l'époque du camp en activité n'éxécutaient pas par balle mais finissait la fatigue des détenus à la crosse.
Les balles été réservées aux exécutions de militaires ou intellos en cambrousse.
L'économie de la balle d'hier, et la balle perdue d'aujourd'hui. Certains Cambodgiens vont loin dans le besoin du touriste.
A l'année prochaine.

los motoristos a dit…

Quel plaisir de vous lire!

Tout y est:les couleurs, la chaleur,la moiteur, le poussière, les senteurs et surtout l'immense bonheur de vivre et de partager des moments magiques....
Merci de nous faire rêver et de nous permettre de fêter Nouvel An à dos d'éléphant après nous avoir fait passer Noël dans la jungle...
Le quotidien dans l'hexagone nous semble désormais bien ordinaire.

Votre carte est bien arrivée et elle n'a mis guère plus de temps qu'une autre envoyée de La Rochelle!

Que 2008 soit pour vous aussi forte en émotions et aussi riche en rencontres!